Les Dits de la Taupe, recueil des éditos pour les dix ans de La Taupe. Bon de commande

L’édito de La Taupe n°149

LaTaupe1On les a vus les gilets jaunes puisqu’on s’est fait quelques 1500 kilomètres la semaine passée, avec une voiture diesel et qu’on voit pas vraiment comment on pourrait faire sans elle. On la remercie au passage cette petite voiture fidèle et robuste avec qui on a fait pas loin de 200 000 kilomètres en dix ans, non pas pour partir en vacances mais pour aller travailler. Alors on dit oui qu’on les a vus les gilets jaunes… et que ce sont bien des gens pauvres qui sont dehors là, qu’ils en peuvent plus de pas arriver à joindre les deux bouts, qu’en ont assez qu’on les prenne pour des imbéciles et qu’ils ont partout été très sympas, pas violents du tout, juste on a vu qu’ils étaient fier(e)s d’en être, d’exister tout d’un coup. On sait que plein de gens les soutiennent aussi et que c’est tout mélangé. Ben on voudrait bien, tellement bien des assises citoyennes, où l’on pourrait se parler sans se juger, essayer ensemble de faire au mieux avec ce que nous sommes chacune chacun, trouver des solutions, imposer à l’oligarchie mondiale un vrai Stop ça suffit. Nous les gens simples, on veut juste ça être libre et heureux, avoir un toit, une table garnie de bonnes choses à manger, une raison d’être, du temps pour flâner et rêver.

L’édito de La Taupe n°148

Eh bé ce coup-ci ce n’est pas facile d’écrire. On se dit : allez, écris ce qui vient, laisse faire. On a beau essayer l’optimisme, ben là faut s’accrocher quand même ! Ça devient costaud, balèze. Exercice difficile complexe. Comment faire ? Parler à tort à travers, parler pour parler, ben pff, non, pas ça justement… se taire oui ce ne serait pas mal, même se terrer tiens ce serait vraiment bien, se terrer et se taire. Peut-on se terrer quand on est atterrée ?

Comment faire ? On a déjà éteint la radio, pratiqué le coton tige dans les oreilles, la tête dans les nuages, tout ça, on sait faire, aller parler aux arbres, à la fourmi, à l’oiseau, marcher, boire un coup avec les amies… tout ça on sait faire, on le fait même. Le risque climatique, est là, indéniable, c’est tout. Alors qu’on devrait tous s’unir simplement dans l’intérêt commun… ça convergence dans l’autre sens, consternant ! si on n’a pas des antennes, des oreilles de sioux, on peut pas s’en sortir, ça va finir par plus être intéressant d’être vivant si ça continue. On pense souvent à Denis un ami qui est parti et on se dit ben en fait heureusement qu’il ne voit pas ça. Piètre consolation… et puis zut y a des petits qu’arrivent juste là, ils continuent d’arriver, alors oui avec eux, pour eux, continuer… ouvrir tout dans soi, dans sa tête son corps, être là en pleine forme, résistant, c’est ça résister c’est d’abord prendre soin de soi.

« Pencher du côté de l’amour » dit Edgar Morin.

L’édito de La Taupe n°147

LaTaupe1Enfin, ça y est, nous voilà par là et ça a comme un air d’automne, et c’est bon. La tourterelle chante, le soleil pointe son nez. On ne se lasse pas de toute cette mise en lumières. C’est simplement beau. C’est juste ça qui nous meut, rien d’autre. Le bruit, les blablas, le fric, tout ça nous indiffère. Indiffère indiffère… est-ce que j’ai une gueule d’indien fier… c’est rare d’écrire ce mot-là. Ça rime avec colère, indiffère, il n’y a rien à faire, une rime est une rime. Les raisons de la colère ne sont pas loin, mais pas envie d’en parler, pas envie de donner une place à tout ça. La belle radio se meurt, alors silence, rester vivant. Garder le silence, le faire sonner, le cultiver comme un trésor, et le reste, ben l’inventer encore et encore. Fabriquer le monde dans lequel on veut être, avec ce qu’on a comme on sait faire, du rêve, un cœur et des mains… comme une taupe quoi.

L’édito de La Taupe n°146

Lettre 1

Oui on n’a pas encore posé le sac, c’est l’été pourtant en plein cœur. On a fini la saison sur un festival chaleureux en diable, beau encore et encore, généreux et joyeux. Un doux sourire aux lèvres flottait sur les visages. Une chaleur à n’y pas croire, celle qu’on n’avait pas connue depuis belle lurette, l’été a commencé et ne s’est pas arrêté depuis. Après on s’est écroulé tou-tes autant qu’on était, heureux-ses d’avoir œuvré ensemble et d’avoir réussi cet éphémère, cette bulle, ce partage. Merci à toutes et tous du fond du cœur. Merci aux artistes qui sont venu-es et au public d’ici ou d’ailleurs et puis à la municipalité de Saint-Savinien.
Depuis on a préparé la saison prochaine, le programme des spectacles et des stages. Plein de belles choses à venir encore une fois. Une 17e saison à venir donc. À bientôt de vous voir, prenez soin de vous.

Lettre 2

Tout est resté en plan, on ne vous a rien envoyé, bon ben voilà c’est prêt, tout… la programmation, les stages, les plaquettes, les flyers. On vous invite à les demander, à diffuser aussi.
Premier rendez-vous 6 et 7 octobre avec L’homme de la manche, un spectacle magnifique. Ça c’est une perle on vous le dit.
Et puis ya les clowns qui rejouent le 9 septembre à l’abbaye de Bassac c’est un dimanche à 16h… alors voir et revoir. À très bientôt.

L’édito de La Taupe n°145

Voilà c’est vendredi que ça commence Le Festival d’été, ici. Et on est presque prêt. Tu penses bien qu’il y a plein de trucs à faire d’ici là. Mais une chose est sûre, ce sera en place pour l’ouverture vendredi. Bon, on ne peut pas dire qu’on a vu une foultitude de gens depuis début juin mais, à la louche on est bien une vingtaine à œuvrer si on fait les fonds de tiroirs ça doit être ça. Et bien sûr que ça va être beau ! L’installation d’abord et puis le spectacle Étrange étranger, celui des clowns, tu vois ? Magnifique je vous dis ! Et puis tous les invités qui viennent d’ici ou là, des cadeaux. Nous par ici des étrangers on en voit pas, on en voit tellement pas qu’on se demande bien où ils sont… Au fond de la mer Méditerranée il y en a, dans des centres de rétention il y en a, sur les chemins de montagne aussi, mais ici non. Alors envie de le clamer, venez par ici, il y a de la place pour vous, soyez les bienvenu-es toutes et tous. Viens toi, voisin voisine d’ici ou d’ailleurs, viens, on t’attend.

L’édito de La Taupe n°144

LaTaupe1Festival ! le chantier est ouvert à partir de tout de suite maintenant. Bon c’est juin juin juin et il nous reste quelques semaines pour tout faire sortir de nos têtes et de nos mains. Du beau pain sur la belle planche. Évidence qu’on est au bon endroit, vrai autour les choses se dégradent, la tendance est au discours sécuritaire bref y a du boulot. Sortir nos plumes nos crayons notre cœur nos yeux nos oreilles et nos voix. Aller là où ça fait du bien uniquement. Vous êtes les bienvenu-es pour venir créer avec nous pour la future installation du festival Étrange étranger jusqu’au 28 juin on sera là du matin au soir. Passez venez nous voir osez pousser la porte.

L’édito de La Taupe n°143

LaTaupe1Propriété privée défense d’entrer passage interdit propriété privée de quoi, privée de toi, privée de moi, privée de joie privée de soin privée de tout propriété privée manque plus que la caméra l’alarme le barbelé… La propriété est un vilain défaut. On en crée des désastres autour de cette fichue propriété privée. Regarde ce qui se passe à Notre-Dames-des-Landes, c’est stupéfiant… Va voir sur zad nadir… regarde un peu quand même à quoi on dépense l’argent collectif.

Bon, on réfléchit à ce qu’on pourrait inventer maintenant qu’on nous a mis des cadenas sous le nez juste à côté donc, là où on passait la tondeuse arrachait les orties et où, oui c’est vrai on garait des voitures aussi. Ah la voiture, la voiture est-elle l’amie de l’homme ? Pas sûr pas sûr… ce qu’on observe c’est que c’est un sujet épineux très sensible ; il semblerait qu’on se confonde avec elle au point de se mettre en colère si jamais sa place est occupée par une autre, une intruse. C’est violent souvent ce que ça provoque dans le voisinage notamment. Bon ça fait seize ans qu’on y fait bien attention mais voilà cette fois on avait trop de choses dans la tête, et ça n’a pas raté. Pas de quartier pas de droit à l’erreur… on s’est mise à rêver que peut-être ces voisins anglais, qui viennent ici trois semaines par an, seraient plus intelligents plus ouverts que la moyenne, qu’ils avaient accepté cet échange tacite : soin à ce petit bout de terrain contre stationnement. Ben non, quel dommage… alors on va réfléchir et apprendre quelque mots d’anglais peut-être.

It’s not a joke !

L’édito de La Taupe n°142

On est le 10 avril 2018 c’est le début du printemps la vie joue sa chanson d’amour
moi suis là aujourd’hui à Sèvres tout près de Paris
je vais jouer ce soir dans un théâtre c’est la Mariette qui est invitée
suis tellement heureuse de vivre et tellement triste aussi
mon pays massacré comme ça, ça ne ma va pas ça me va de moins en moins
j’aurais tant aimé que ce soit le contraire
chez moi y a de la vitalité chez moi c’est dans mon cœur
à cet endroit-là ça ne change pas ça palpite et ça rêve et ça grandit jour après jour, oui
c’est 2018 et je vois j’entends je sais que des gens résistent avec leur cœur
partout
c’est 2018 et on matraque à tour de bras toute personne qui s’exprime
celle-celui qui aide l’autre transi de froid en bord la route
celui-celle qui défend son outil de travail
celle qui dit moi je suis libre et je veux vivre libre
une liste à la Prévert on pourrait faire il y en a tant et tant
et en face de cette richesse
répression, autoritarisme
la parole est à la matraque à l’ordonnance au 49-3 à la violence institutionnelle
les forces de l’ordre au taquet quel désordre quel gâchis
de quel ordre parle-t-on
ce n’est pas l’ordre des choses ni le bon sens de frapper les enfants, les gens pacifiques, de détruire
le silence d’un lieu de vie
depuis hier, on détruit des refuges à Oiseaux à la Zad de Notre Dames des Landes
là-bas j’y étais avec mes ami-es Anaïs et Pierre il y a 15 jours précisément
j’y ai entendu des oiseaux, j’y ai mangé une belle assiette végétarienne savoureuse
j’y ai vu du partage
j’y ai vu le chantier de L’Ambassada, bois et paille et la dignité des constructeur-trices
j’y ai vu des tritons, des petits des plus gros, des femelles pleines
j’y ai parlé à un arbre
m’y suis allongée au soleil
j’y ai vu des gens des jeunes et des moins jeunes
capables de vivre sans confort, les pieds et les mains dans la boue
je les ai vu-es beaux, belles fatigué-es
la lutte la résistance sont épuisantes,
j’ai vu des cabanes, des gens qui se ressemblaient, rassemblé-es comme au bout du monde
un monde
des gens perdus aussi, qui là à cet endroit ont trouvé refuge
nous sommes dans un pays autoritaire qui ne respire plus qui s’auto mutile qui massacre ses enfants
ça s’appelle le pouvoir mais ce n’est qu’impuissance
quand on fait parler les fusils, les bombes c’est qu’on a perdu toute humanité
qu’au fond de soi on ne s’aime pas et qu’on ne le sait pas qu’on ne s’aime pas,
qu’on ne sème rien
l’argent le pouvoir les a rendu fou-folles
qui sont-ils donc pour donner des leçons de vie à coup de chiffres, eux qui laissent les gens mourir
dans la rue, qui chassent le pauvre, qui n’écoutent même plus l’oiseau chanter
parlons-en de l’argent
combien cette opération militaire de 2500 hommes caparaçonnés, blindés, camions, lachrymos,
engins de chantier… combien en monnaie sonnant et trébuchante, juste
cet argent on aurait pu en faire cadeau à la Zad, pour les remercier d’avoir tenu, d’avoir sauvé cette
terre, pour les aider à développer cette communauté, à vivre l’expérience
moi je remercie tous les résistant-es, ceux de Notre Dame, les cheminots, les cheminotes, les Cédric
les gens qui s’organisent partout …
là bas j’y ai vu l’inquiètude aussi
nous y avons lu des textes, chanté nos chansons
et comme ça résonnait dans les coeurs, les mots de Prévert et les nôtres aussi
nous avons rencontré Dodo, la belle et nous nous sommes fait du bien
nous avons embrassé ceux qui venait nous remercier d’être venu-es et partager l’essentiel
nos regards, nos sourires, un verre, une assiette…. l’instant présent.
Anne D
le 12 avril 2018

L’édito de La Taupe n°141

LaTaupe1Oui on n’est pas en avance, mais si, en fait on l’est si on se situe d’ici, de notre vie ici, de ce qui se passe ici là. On est en avance pour vous annoncer le prochain spectacle qui aura lieu à la fin du mois, on sait bien qu’il faudra vous le redire. Faut pas croire qu’il ne se passe rien en attendant, non non on est là et ça cogite pour le festival, Étrange étranger, le 15e Festival tiens. Bon nous on ne les voit pas les migrants, ils n’arrivent pas jusqu’ici, et s’il n’y avait pas de télé, de journaux et tout ça, on ne saurait rien des drames du monde. Enfin, on va faire un festival sur ce thème et c’est pas sûr qu’on y rencontre « des étrangers » comme on dit, mais de l’étrange oui il y en aura, on fera au mieux comme on sait faire. Vous y êtes convié-es à cet ouvrage si le cœur vous en dit, on a besoin de monde pour créer un monde. Bienvenu-e alors à toi. Aussi quand même, on sait pas pour vous, mais on sent comme une hécatombe de bels gens qui partent hardi tiens bon, on peut pas faire la liste, ça tombe comme sur les barricades d’un rouge printemps. Où vont-ils, où vont-elles tous et toutes ? Et toujours cet espoir que tout aille au mieux pour chacun-e toujours cet espoir oui. Que les graines sortent de La Terre. Bon voyage aux âmes sœurs aux âmes frères parti-es.

Mot d’avril de Anne Danais

LaTaupe1

Bon obligée de s’y mettre avant le 1er du mois nouveau, vu qu’il y a rendez-vous ici dès la fin de semaine, et pas des moindres. D’ailleurs c’est jamais des moindres rendez-vous ici, jamais jamais jamais ça rime avec vrai !

Toujours toujours toujours avec amour, on n’y échappe pas. Amour et toujours c’est pour l’éternité qu’ils sont unis ces deux-là. C’est bien quand ça rime bien. Si ça rime pas bien ben ça fait bizarre dans la tête et dans la bouche, c’est pas facile à dire à chanter, en fait. C’est pour ça qu’ici on aime les rimes, les mots, la poésie et la musique qui s’y colle, et ça fait des chansons. Rimes et rames, mots et crocs, poésie et avarie, musique et panique…et voilà ça peut faire le début d’une chanson ces mots-là, suffit de les mettre dans son cœur, dans ses doigts, dans sa voix et hop, ça tourne ça tournicote, ça monte comme une petite mayonnaise. La musique des mots qui se frottent, parfois même ça va chercher loin au fond de soi-même, ça émeut, ça meut, ça meuh, ça fait pleurer. Ça soigne les chagrins les chansons, c’est fait pour, c’est pour ça qu’on les aime ici.

L’édito de La Taupe n°139

LaTaupe1Février fais vriller fais briller fais crier fais trier, fais signer fais saigner fais virer t’es viré ? Oui… l’est viré Matieugalai, l’était pdg il est viré il est démis,dis. L’ex-pdg, grand détricoteur bonnes dents et teint frais, de Radio France, disait après avoir viré de l’antenne plusieurs personnes avec un sourire satisfait : that’s life… ok boy that’life, dance your life, dance your death. Ben aujourd’hui c’est ton tour. La justice quand même quand ça marche et qu’on peut dire y a une justice, ça fait du bien, hm c’est chouette. C’est pas souvent qu’on peut le dire. Il giboule dans le soleil là à l’instant, fais briller, fais vriller, février. Les violettes de Gilberte sont là déjà, le pommier du japon de Sébastien n’attendra pas son retour pour fleurir, les oiseaux du coin pétillent, et le soleil joue dans la lumière des carreaux pas faits. Février fais vriller, fais briller fais crier fais trier fais prier oh il pleut, giboule giboulée. Ça tourne et puis voilà, c’est tout, un petit tour et puis s’en va. Oui une seule chose est sûre, sûre et bien certaine, un petit tour et puis…

L’édito de La Taupe n°138


« La nouvelle est arrivée à travers la tempête d’un nouvel effort demandé aux Français en vue d’une année difficile qui vient, de mauvais semestres, de jours maigres et tristes de chômage accru, on ne sait plus de quel effort il s’agit, de quelle année pourquoi tout à coup différente, on ne plus entendre ce monsieur qui parle pour annoncer qu’il y a du nouveau et qu’il est là avec nous face à l’adversité, on ne peut plus du tout le voir, ni l’entendre. Menteurs tous. »
Marguerite Duras, extrait de L’Été 80.

On a lu ça, là, le 31, et ça nous a fait penser à aujourd’hui, tellement oui ! Toutes ces années à entendre les mêmes blablas les mêmes mensonges, comme une boucle ininterrompue. À part couper ce fil que faire ? Comme c’est difficile de garder l’œil ouvert, l’oreille alerte et la parole légère, devant le cynisme d’un homme, premier ministre, qui ne voit pas où est le problème quand il dépense 350 000€ (et le chiffre est en deçà de la réalité) pour se déplacer et gagner deux heures de son précieux temps. Ce n’est pas de son porte-monnaie qu’il tire cette somme, non, ça le sien, il le fait fructifier pour en avoir encore plus. Ils sont malades de ça. Bêtise, voilà. Le cœur ne suit plus. On ne les écoute plus. Mais on les entend, on sait ce qui se prépare. À vous une belle année 2018 avec rime et raison… et à ceux qu’on ne nommera pas, tous les oligarques de La Terre :
Gardez votre fric et foutez nous la Paix !

L’édito de La Taupe n°137

LaTaupe11er décembre, voilà c’est l’heure d’attraper les mots, de de les inviter à sortir. Juste saisir l’instant, regarder par les fenêtres celles de la maison, du monde, de notre tête. Trois fenêtres alors, plus ou moins grandes, plus ou moins ouvertes, avec ou sans rideau. Par où commencer ? Déjà presque la nuit qui vient, le soleil fatigué de briller de ce côté-ci de la Terre, pourtant si présent durant cet automne lumineux. Une envie d’hiver, il a sans doute, et de froid. Il fait appel au gel, brutal et bienvenu. Dehors c’est bon quand on a un dedans où se lover, un dedans à soi, un nid quoi, pas un bout trottoir ou un carton. Il y a très longtemps de ça on voyait par là un clochard qui vivait dans une boîte sur roulettes, souvenir de lui se cuisant un ragoût de cous de poulet, sur un réchaud. Il racontait que ça allait comme ça, il semblait heureux. Nous, on comprenait pas, cette simplicité-là. Et même on croyait que le monde allait changer. Que les belles idées allaient forcément se répandre, se répondre. C’était il y a si longtemps ! On avait une sorte d’innocence, on n’imaginait pas qu’un jour le bien commun serait malmené, on croyait encore au toujours, au plus jamais. On se disait que c’était simple qu’il suffisait d’observer partout le monde et de rassembler tout ce qui semblait fonctionner. C’était il y a longtemps. On disait clochard à cette époque.

Ce matin, c’est le 2, la mésange frappe aux carreaux de la maison, on dirait qu’elle veut parler.

L’édito de La Taupe n°136

LaTaupe1On ne se souvient pas d’avoir attrapé une flemme pareille. Ça a pourtant dû arriver mais sans doute n’était-ce pas une flemme de cette teneur-là, ça ressemblait plus à de la fatigue ou de l’ennui. Là c’est pas ça, c’est juste qu’on a envie d’être là sans sac de nœuds à nos pieds, sans boulets dans la tête, sans une miette de culpabilité, d’être là à rien faire, à ne pas travailler alors que partout on le sent bien, ça s’agite. Et à l’intérieur ben rien que du calme, comme un sourire qui flotte, juste une flamme. C’est bien bon comme état, oui c’est bien. Alors c’est sûr, on a un toit, un lit, du feu, de quoi manger, on a le ciel, la rivière, le petit veau du champ voisin, l’œil sympa du facteur, le café de la voisine, la boîte à lettres derrière la maison. Entre parenthèses, ce n’est pas pour ça que le courrier arrive, il a même tendance à se perdre, ces temps-ci. Passons, si on attrape ce fil, hop on va tomber, dégringoler direct dans le tout ce qui va mal. Un accident est si vite arrivé. Dieu si vous êtes là faites quelque chose, quand même, y a de l’abus. Au passage, on vous le redit, on n’a pas voté pour la Macronie ! On ne va pas en plus culpabiliser ! Non ! D’ailleurs, tout bien réfléchi « aller bien » c’est juste une forme de résistance !

L’édito de La Taupe n°135

À Sylvie, notre belle amie qui s’en est allée, la saison est dédiée.

En fait les voyages on les fait le plus souvent ici sur place, c’est bien. Des voyages immobiles, des temps où le temps n’existe pas, où tout est fluide. Là, ce matin après cinq jours d’une grande intensité, d’une grande humanité, d’une grande profondeur et d’une grande légèreté, il fait encore soleil et la maison respire avec lui, fenêtres ouvertes à plein poumons. Profite Maison, profite donc ! Nous, on traîne un peu, on vacance en rond, on est pleine et vide, contente simplement. Et ça frappe là dehors au portail, on dit sans sortir de la maison : Entrez-entrez ! On s’attend du coup à voir un facteur, un livreur, une livreuse, une personne amie, un inconnu perdu, un voisin, on n’a pas trop d’imagination à la seconde présente. Et, oh oh oh OH Wouah voilà qu’ils arrivent, ils sont trois.

C’est… euh, oh, zut on n’est pas présentable même pas débarbouillée, rien, ébouriffée, toute fripée… On vient te présenter Adèle, ils disent… ben oui ils sont trois, depuis quatre jours seulement, on a beau s’y préparer, on a beau savoir, ben ça bouleverse quand ça arrive oui. Alors eux, ils arrivent comme deux oiseaux avec Adèle. Eux c’est Sandy la Maman et lui c’est Melvin le Papa… ça y est, elle est là la petiote toute jolie toute sérieuse toute là. Avant, ça n’existe plus du coup, avant est effacé, avant ça veut rien dire. C’est… pffff euh… c’est beau quoi, c’est beau c’est même pas bête à dire c’est… juste que v’là Adèle, c’est juste énoooooorme… tu vois ?

 

L’édito de La Taupe n°134

LaTaupe1Maintenant on est en avance ou peut-être même en retard, octobre peut se préparer, on arrive. On va bien finir par la faire cette rentrée. Ben oui, on est déjà presque rentrée en fait, enfin on sait pas vraiment si oui ou non, si on en a envie ou non. Non, on sait pas trop. On croit que oui et puis deux minutes après ben c’est non. Pas facile de se connaître, il faut du temps pour se comprendre surtout au sortir de l’été. Ah zut, on est agacée, on ne va pas vous le cacher, agacée par l’ambiance du royaume d’Enmarchie. Ça nous touche. Forcément on n’est pas imperméable. On peut même le dire ; on est poreuse ; oh oui tellement poreuse ! Non, pas peureuse ! Peureuse… c’est étrange les mots, jamais on a fait attention à ça… de peureux à heureux… y a si peu ! On peut dire j’ai peur mais pas j’ai heur, non ça on peut pas le dire. La langue c’est folle, le langage c’est fou… Si je dis : je suis heureuse je peux dire aussi je suis peureuse mais ça marche pas avec avoir, non. Voilà, une petite leçon de vocabulaire. Être heureux c’est à la fois simple et pas simple… Souvent la peur, les peurs n’y sont pas pour rien, les vilaines !

L’édito de La Taupe n°133

LaTaupe1À Claire qui s’ennuie de pas avoir de nos nouvelles !

Bon c’est vrai que c’est septembre qui toque à la porte. C’est vrai que les hirondelles se rassemblent pour partir. C’est vrai que y a des calendriers qui se remplissent pas tout seuls. C’est vrai que ce matin dans le ciel on a vu un ballet d’oiseaux, magnifique. C’est vrai qu’on associe été et vacances. C’est vrai que c’est étrange ce qui se passe à cette période estivale, ça nous questionne. Comme si on devait réussir ce quelque chose avec brio. Avoir les plus belles, les plus remplies, les plus ensoleillées, les plus famille réunie, les plus coûteuses, les plus festives, enfin bref comme si ce n’était pas de la vie tout simplement. Aussi ce mot vacances est comme une tromperie, on a mis un s à vacance. Depuis quand ce s ? Oui de la vacance, de ça on a besoin, faire de la place en nous, tête et corps, mais pas de remplir encore plus, de consommer de la vie vide de sens et soumise aux règles du tourisme roi. Se retrouver tous ensemble aux mêmes endroits ? Par pitié non pas ça ! Mais volontiers lâcher les affaires, les dossiers, les calendriers, les courriers, stopper la machine à obligations. Buller oui, rêver, dormir, lire, écouter, partir oui, marcher tout ça… mais on peut le faire ou décider de le faire si on veut, comme on veut, ça coûte rien c’est tout gratuit, besoin de rien du tout.

Voilà faire ça, comme une évidence, comme un rire, une inspiration.

Le festival eut lieu

Et puis le festival ouvrit son cœur malgré la pluie. Les clowns jouèrent le premier soir dans le salon cuisine de Sylvie la voisinamie. Et ils jouèrent devant un public de trente personnes et c’était magnifique de les voir là dans cet espace réduit, de les voir bouger sans heurt à douze, gracieux et généreux. Le lendemain le temps étaient plus courtois. Vingt-deux personnes arrivèrent pour l’atelier percussions de Léo, tout fraîchement arrivé par le train de Paris. Des gens de tous les âges des enfants même. À 10 heures ça commençait.
Ensuite tout s’enchaîna fluide. On continuait de regarder le ciel du coin de l’œil même si on n’y pouvait rien. Le petit concert des 22 percussionnistes se déroula à merveille ici dans la cour. Les clowns reprirent leur place dehors sur le beau plateau du jardin. Une deuxième comme une première. Un public nombreux rire et émotion. Force du ciel chargé de nuages et du coup confort pour le jeu, ce temps mitigé était bienvenu. Envie de pleurer les larmes au bord des yeux.
Dans le champ de pagaille, ce nouveau lieu découvert suite à l’abattage des peupliers, comme une sorte de cirque naturel jonché de restes d’arbres abattus, un champ chaotique où le nature avait déjà repris ses droits chapeau la nature ! Dans le champ de bataille donc eut lieu La Pelle de la terre, du théâtre. Un beau texte servi par deux comédiens qu’on avait eu la chance de diriger. Le thème parfait, deux fossoyeurs fossoyant effrayés par le temps qui passe.
Le lieu magique !
Et puis la vente aux enchères fût menée à la baguette et dans le rire par Frau Rupfe et un public généreux vif et joyeux.
Repas… superbe assiette préparée par Samia. Et puis concert dans la salle piano et violon. Alice, notre belle Alice avait invité Emily, une belle américaine. Duo unique et tonique. Et ici on peut s’asseoir par terre s’allonger pour écouter et ça c’est bien agréable. Beau beau beau.
Ensuite c’était la nuit. Surprise malgré la fatigue dans les jambe et le corps fourbu on y est allée la voir la cathédrale végétale, juste éclairée par des lampions, juste des lueurs qui dessinaient l’espace, la surprise et des chants, des voix qui sont venues dans ce silence, vraiment de la beauté qui fait pleurer encore.
Dormir un peu et c’est dimanche. Lever très tôt pour accueillir le public du matin. Sept heures dans le champ de pagaille couvrir les bottes de foin pour épargner les fesses des spectateurs venus voir Les Êtres de boue.
Voyage dans la lenteur, la solitude de ces êtres couverts de terre, entre statue, chair et pierre. Une femme dans les bras d’un homme au sol, il l’enduit de boue. Elle souffre cri silencieux. Une bouche douleur. Impassibilité. Le chant des oiseaux qui montent et la guimbarde. Ici là deux corps immobiles. De l’étrangeté de la profondeur un ailleurs.
Et puis petit déjeuner là tout près tout prêt. Partage voix sourire bonjour.
Neuf heures c’est le concert du matin. Alice joue Chopin. La grâce, les soupirs les silences les suspens…  le ciel toujours et les âmes qui se promènent, et qui écoutent.
Retour dans ce terrain de jeu arbres abattus. Une balançoire s’envoler dans ce champ dans ce chant au côté de Léo qui percute et d’Anaïs arrivée dans la nuit, toute là, belle entre les belles.
Chanter avec les pieds le silence le ciel encore les arbres et les oiseaux. S’offrir cet inconnu l’instant présent oser ce chant, ces chants ces musiques et cette écoute. La danse aussi. Invitation à qui veut de venir chanter et danser là. Et ça chante et ça danse, ça pourrait durer durer.
Et puis troisième des clowns, magnifique unique généreuse belle belle belle séance. Encore les larmes plein la tête de tant de beauté. Et une jolie et douce bruine juste à la fin du spectacle, la grâce, le ciel pleure doucement.
Et puis partager un repas sous le tilleulparapluie dans la cour, se rapprocher se frotter aux autres pour ne pas se mouiller, se tenir au chaud dans un joyeux désordre improvisé. Une voix qui s’élève une guitare la même voix entendue dans le noir la veille, un parler créole, une langue douce et crue. Qui chante ? un inconnu arrivé là on ne sait comment. C’est juste beau.
Arrive ensuite Évelyne avec ses racontars et les rires qu’elle provoque, à la fois fragile et forte. Suit une petite histoire à trois sur la mort et c’est un mélange délicieux de naïveté et d’humour. Un trio d’enfer Paul Stany Évelyne… une première pour l’occasion.
Et Virevolte ensuite qui porte bien son nom, Léo Jennifer et Camille, un trio tout jeune, harpe, percu et saxo, musiques à danser et ça danse. Ça glisse ça joue ça bouge et c’est beau comme tout.
Et puis jazz dans la salle, matelas par terre comme tu veux tu te mets et Michel jubile au piano.
Voilà c’est tout, enfin non, car Alice intarissable musicienne fait entrer son piano dans la cour et voilà Bach accompagné à la batterie par Léo… et puis ça se délite doucement la musique s’efface. Les derniers survivants c’est nous ici dans le silence et le plaisir de se regarder de s’écouter avant de se séparer demain.
Ont aidé et participé à cet instant Léo, Alice, Camille, Jennifer, Sophie et Sophie, Stany, Nicole, Daniel, Robert et Sylviane, Jojo, Jacqueline, Roger, Danielle, Frédéric et Laure et les Êtres de boue, Sylvie, Sylvie et Sylvie, Anne-Marie, Melvin, Sandy, Dominique, Christine et Michel, Marie-Pierre, Évelyne, Paul, Pascale, Françoise et Françoise, Samia, Catherine, Manue et Sébastien, Hélène, Brigitte, Anaïs, Jean Christophe, Laéti, Hélène, Thomas et Franck, Benjamin, Jean-Louis et Jean-Louis, Michel, Anne.
C’était magnifique c’est tout.

L’édito de La Taupe n°132

LaTaupe1

On en était maintenant au seizième jour avec ce sentiment d’éternité très fort toujours.
Y avait-il eu quelque chose avant ce jour? Existait-on depuis si longtemps?
Et la pluie existait-elle? On était sûre de rien. Les bébés hirondelles étaient bien partis oui.
Leurs parents s’affairaient pour recommencer refaisaient un nid dans un luminaire. Ce nid serait spacieux pas de doute. On espérait que l’agitation humaine ne les contrarierait pas. Ça y était on avait commencé de sortir dans le hameau pour installer tout ce qui avaient été fabriqués. Toujours émouvant ce moment, cette dernière étape avant Le Festival. Cette ruche ces allers venues ces kilomètres parcourus pour voir ça ou ça. Vérifier valider Veiller veiller veiller. On était tout ébouriffée dedans dehors les yeux fatigués mais pétillants. On était sûre aussi que les clowns feraient un beau spectacle qu’ils allaient prendre leur envol. C’était tout comme on aimait.
Et le dix-huitième jour se leva. C’était l’été et la pluie était revenue par la grande porte. Il avait plu dru et la terre respirait. Les particules de pollution avaient rejoint les cours d’eau. Le tilleul était tout content. Les oiseaux prenaient des bains et nous aussi on se mettait sous la pluie. On pouvait dormir tranquille, la terre tournait il faisait frais.
On continuait l’installation, on inventait on rêvait autour de la mort et on était dans une ambiance toute douce. On entendait ici ou là des rumeurs sur le temps qu’il ferait et on se protégeait les oreilles pour garder foi en nous et nos étoiles. Il ferait le temps qu’il ferait et puis voilà. On ne voulait pas se faire de souci. On entendait dire qu’il y avait des travaux et une route coupée pour venir là… ah la la les déviations comme elles tracassaient les ami(e)s comme elles changeaient les habitudes. Ah les habitudes. Bon vous qui nous lisez sachez que arriver ici c’est possible tout à fait il suffit de regarder une carte et de partir avec un peu de temps d’avance au cas où.
Et de prendre parapluie chapeau imper… tout ça…. on était en été… alors.
Et puis au dix-neuvième jour la levée du corps se fit difficilement le ciel plombé agissait donnait de la lenteur et du poids à la fatigue. Une sortie de douche en catastrophe pour accueillir les frigidaires donna de la vie dans l’instant. On n’allait pas se laisser abattre par le temps. La pluie donnait de la vitalité c’était simple et certain.
On avait tout autour une équipe efficace et joyeuse.
Ce fut la journée la plus pluvieuse depuis des mois, comme une épreuve soudain. Des seaux des trombes d’eau du vent et même presque du froid nous secouaient, nous petits êtres de rien du tout. Du coup l’essentiel le souffle et l’eau. Tenir bon et répondre aux gens juste leur dire que oui oui nous maintenions vaille que vaille, sauf mort subite cataclysme ou autre drame.
vingtième jour du coup forcément. Le ciel semblait plus clément mais on ne savait plus trop si on pouvait faire confiance au temps. Du coup on avait mis un chapeau de paille pour conjurer le sort.
Tout allait bien même si on avait dû travailler plus dur et plus long. Ça commencerait comme prévu avec les clowns ce soir on le savait.
On trouverait on serait là pour ça. Il y aurait une ouverture. Et d’ici là on battrait la rue principale qui prenait vie qui prenait de l’allure et on ferait tout au mieux avec cette joie partagée de voir émerger cette beauté. On faisait ça pour ça pour la beauté des choses, uniquement pour ça. On espérait que vous auriez le courage de venir jusque-là pour voir écouter rencontrer aimer ces instants.

numéro spécial journal autour du festival

Ben il y eut le premier le deuxième et le troisième jours
trois jours pour semer se rassembler
se lancer et planter racines
le quatrième jour arriva
il était déjà chaud au réveil
on ne savait pas encore ce qui naîtrait ce jour-là
mais on peut raconter que le premier jour arriva la vague des noms des chers disparus
tellement grande cette vague qu’elle dura jusqu’au deuxième jour
arrivèrent aussi des êtres des bois
sa majesté des mouches, le renard, le loup-sanglier
la petite madame morte et sa sœur
le troisième jour une tribu de masques des garlopotes, masque rituels ressemblant un peu aux oiseaux
puis aussi deux autels en constructions
et dix-sept mots jolis comme chagrin larme céleste étoile passage
voyage
et le début des êtres-fantômes du petit cimetière imaginaire
et trois visages de peupliers d’ici tombés pour faire des cagettes
et des allumettes

et puis le cinquième jour se leva
il faisait clair de jour très tôt
les oiseaux chantaient bien avant 5 heures
la veille le quatrième jour
après une traversée en solitaire de trois ou quatre d’entre nous
la porte s’ouvrit dans l’après-midi
une dizaine de fois
personne ne s’était donné le mot et pourtant
c’était bien comme si
les mots jolis continuaient d’être tracés
on en était à treize le soir
les gens-fantômes du cimetière imaginaire étaient
au nombre de dix-sept
on vit apparaitre un racinaire toucan
un mini monstre
un couple totémique du temps où l’homme était fécondé par la femme
une descente aux enfers
et deux petites urnes de terre
un peu plus loin se construisait un autel
et puis bien avant que le soleil ne se couche
tous s’envolèrent
un temps
et le silence le beau silence vide et plein reprit l’espace

et le sixième jour arriva
il faisait frais très frais le matin
la veille on avait ressenti de la fatigue
les journées étaient longues
mais ça continuait de venir
les yeux de la tombe étaient au nombre de neuf
une femme réincarnée en oiseau une autre en poisson bleu
deux structures de bambous étaient sorties de terre
les mots jolis sur fond noir étaient maintenant dix-sept
des urnes maisons de hobbits
les fantômes-gens du cimetière des garlopotes seraient 25
on avaient fabriqué une pierre tombale pour chacun
des voix s’étaient posées dans l’enregistreur
elles racontaient des choses sur la mort
on avait réfléchi sur un endroit appelé le passage
qui serait en fait un endroit où l’on aurait envie de rester
pendant ce temps les hirondelettes grandissaient comme par magie
déjà elle avait onze jours
on avait donné la consigne de ne pas les déranger

il y eut une septième jour
c’était dimanche les petites hirondelles se dissipaient
et leurs parents veillaient avec constance à tout
deux petites quittèrent le nid devenu vraiment exigu
une fit sa chambre sur l’escabeau et l’autre en dessous sur un sarment
les adultes continuaient de les nourrir
en haut en bas
quel boulot cinq bébés oiseaux
on était prié d’aller faire pipi ailleurs
la journée très chaude passa tranquille
toujours des choses qui naissaient
une réincarnation en chien en girafe en tournesol
des urnes peintes en blanc et noir
et la collection « d’animals » commencée la veille s’étoffa
il y avait maintenant 21 animals
le grand-duc de chinésie
la canarde aux perles
la baleine à pattes
le lion qui rêve de devenir singe
la licorne de charente
le tigre à pois
le crab
le zozio
l’autruche à poils laineux
le cheval à deux pattes
l’éléphant de coulonge
la canarde danseuse
le scolopitre
la louve sans dent
l’oiseau à tête de ballon
le zozio boudha
le potame
l’ours à pois
le chahuant
la canarde rêveuse
le tamanouir du coin
et le soir les hirondelles avaient investi un nouvel endroit
elles faisaient tout simplement chambre à part

bon on était maintenant au onzième jour
pas facile de tenir la constance, la constante partout sur tout
ouh ouh
le fil avait continué d’être déroulé l’air de rien
comme un fil
on aimait cette sensation-là du fil transparent sur lequel on marchait
le monde continuait de venir mais on ne savait pas très bien compter
on n’aimait pas ça
compter
alors on avait lâcher cette affaire-là
les gens venaient c’est ça qui comptait tiens
être un deux trois… quelle importance
être oui ça oui
voir la porte s’ouvrir
les gens venir sans prévenir
la surprise
oui on aimait ça
il y en a qui disait « paraît-il » (ceux qui ne venaient pas)
quelle drôle d’idée de faire un festival sur ce thème
ils ne savaient pas peut-être comme ça fait du bien de parler de la mort de notre mort certaine
que c’était tout sauf triste
et qu’on pouvait en rire même
on s’organisait on savait où l’on mettrait les choses fabriquées et que ce serait beau et fort
comme on aimait ça le beau et le fort !!!
ah oui… beau et fort à pleurer même, ces pleurs-là on aimait ça.

On en était maintenant au seizième jour avec ce sentiment d’éternité très fort toujours.
Y avait-il eu quelque chose avant ce jour? Existait-on depuis si longtemps ?
Et la pluie existait-elle? On était sûre de rien. Les bébés hirondelles étaient bien parties oui.
Leurs parents s’affairaient pour recommencer refaisaient un nid dans un luminaire. Ce nid serait spacieux pas de doute. On espérait que l’agitation humaine ne les contrarieraient pas. Ça y était on avait commencé de sortir dans le hameau pour installer tout ce qui avaient été fabriqués. Toujours émouvant ce moment, cette dernière étape avant Le Festival. Cette ruche ces allers venues ces kilomètres parcourus pour voir ça ou ça. Vérifier valider Veiller veiller veiller. On était tout ébouriffée dedans dehors les yeux fatigués mais pétillants. On était sûre aussi que les clowns feraient un beau spectacle qu’ils allaient prendre leur envol. C’était tout comme on aimait.

Et le dix-huitième jour se leva. C’était l’été et la pluie était revenue par la grande porte. Il avait plu dru et la terre respirait. Les particules de pollution avaient rejoint les cours d’eau. Le tilleul était tout content. Les oiseaux prenaient des bains et nous aussi on se mettait sous la pluie. On pouvait dormir tranquille, la terre tournait il faisait frais.
On continuait l’installation, on inventait on rêvait autour de la mort et on était dans une ambiance toute douce. On entendait ici ou là des rumeurs sur le temps qu’il ferait et on se protégeait les oreilles pour garder foi en nous et notre étoile. Il ferait le temps qu’il ferait et puis voilà. On ne voulait pas se faire de soucis. On entendait dire qu’il y avait des travaux et une route coupée pour venir là… ah la la les déviations comme elles tracassaient les ami(e)s comme elles changeaient les habitudes. Ah les habitudes.
Bon si vous qui nous lisez sachez que arriver ici c’est possible tout à fait il suffit de regarder une carte et de partir avec un peu de temps d’avance au cas où.
Et de prendre parapluie chapeau imper… tout ça…. on était en été…alors

Et puis au dix-neuvième jour la lever du corps se fit difficilement le ciel plombé agissait donnait de la
lenteur et du poids à la fatigue. Bon, une sortie de douche en catastrophe pour accueillir les
frigidaires donna de la vie dans l’instant. On allait pas se laisser abattre par le temps. La pluie
donnait de la vitalité c’était simple et certain. On avait tout autour une équipe efficace et joyeuse. Ce fut la journée la plus pluvieuse depuis des mois, comme une épreuve soudain. Des seaux des trombes d’eau du vent et même presque du froid nous secouaient, nous petits êtres de rien du tout. Du coup l’essentiel le souffle et l’eau. Tenir bon et répondre aux gens juste leur dire que oui oui nous maintenions vaille que vaille, sauf mort subite cataclysme ou autre drame.

Vingtième jour du coup forcément. Le ciel semblait plus clément mais on ne savait plus trop si on pouvait faire confiance au temps. Du coup on avait mis un chapeau de paille pour conjurer le sort. Tout allait bien même si on avait dû travailler plus dur et plus long. Ça commencerait comme prévu avec les clowns ce soir on le savait. On trouverait on serait là pour ça. Il y aurait une ouverture. Et d’ici là on battrait la rue principale qui prenait vie qui prenait de l’allure et on ferait tout au mieux avec cette joie partagée de voir émerger cette beauté. On faisait ça pour ça pour la beauté des choses, uniquement pour ça. On espérait que vous auriez le courage de venir jusque là pour voir écouter rencontrer aimer ces instants.

L’édito de La Taupe n°131

LaTaupe1Ben oui, on peut dire érections législatives aussi si on veut, c’est valable pour toutes les élections. Hier en voiture on a entendu par hasard, la pub électorale sur France inter… oh lala La FRANCE, comme elle est brandie à chaque tournant de phrase, la pauvre, on voudrait pas être à sa place. On dirait une parodie tellement c’est consternant, on dirait que c’était pour rire. Oh lala ils y vont fort. Dites, vous savez que le mouvement Ah Dadaïste a déjà trois membres, pas mal non ? en une semaine. Et puis y a un autre mouvement copain qui vient de naître: c’est JMC – j’aime la maison du chat – je me casse – j’adore manger des carottes – je monte à cheval et à dada. Et voilà on peut faire ça et inventer une autre façon de se regrouper. C’est nous qui disons c’est nous qui faisons c’est nous qui pensons. Ça évite d’avoir peur car si tu as peur eh bien y en a qui en profite pour te dicter ce que tu dois faire penser voter. On dit que la peur est mauvaise conseillère et qu’elle n’évite pas le danger. Ici on est d’accord avec ça. Au moins ne pas avoir peur…

L’édito de La Taupe n°130

Oui c’est juin qui arrive tiens. Depuis les érections présidentielles, des mouvements naissent ici et là… non pas des mouvements sociaux (oui y en a et pas des moindres) ou des gestes nouveaux non non c’est juste à chacun son mouvement ! ça pousse comme chiendent tant les divisions sont grandes. Alors ici on se dit qu’il suffit de prendre les initiales de son nom comme un certain EM et qu’on va faire pareil. Allons-z-y. Nous, on va prendre AD comme initiales, tiens. Après recherche rapide ça donne À Donf, Avec Doigté, À Douter, Au Diable, À Déficeler, À Droite (impossible), Ave Drelin, Avec Douceur, Abondance Décoiffée, Abracadabra devine qui est là… pas la peine de chercher davantage le mieux c’est Ah Dada ! On a déjà un conseiller politique, il vient juste de passer ici. Le mouvement Ah Dada ira loin et plus vite que EM, qui lui va à pied, nous dit-il. Ah Dada un mouvement à cheval sur ses principes. Ah Dada un mouvement futile et inutile. Art Dada finalement c’est bien. Yep on est déjà en train de chercher un logo, on a l’idée d’un cheval à bascule qui s’il n’avance pas recule. Ben voilà c’est tout c’est dit.

Qui sait comment les choses naissent ? Nous on sait pas.

L’édito de La Taupe n°129

Mais mai ne fait pas toujours ce qui nous plaît. Non. Pas question d’apporter une voix. Non. On votera page blanche. Ne pas avoir peur de le dire, refuser le chantage et la culpabilité ! D’un côté EM soutenu par Bernard Arnault, le grand usurpateur, par le Medef et par le PS… De l’autre le FN que La Finance fait semblant de bouder, mais dans l’histoire n’a-t-on pas déjà connu ce genre d’alliance ? finance et fascisme ? Bref c’est dit, on ne reviendra pas là-dessus. On va rester au mieux dans nous-même, aller chanter le soir la nuit dans la cathédrale végétale, respirer le silence, rendre visite à La Charente, au saule, continuer de laisser les portes ouvertes, chanter toutes les voix qui viennent, rêver encore et encore. Résister oui. On se dit que c’est pas le moment de lâcher l’affaire et que les manches on va continuer de les retrousser. On va aussi se rassembler ici pour fabriquer un festival joyeux et grave autour du thème de la Mort. Mourir la belle affaire comme le dit la chanson. Un thème pareil ça fait cogiter drôlement, c’est très stimulant très vivant en fait. On remarque ça. Apprivoiser la mort ça donne de la vie. Alors si ça te dit viens passer un moment ici nous donner un coup de main à partir du 12 juin, la maison ouvre le chantier viens si tu veux quand tu veux le temps que tu veux ! Viens !

L’édito de La Taupe n°128

LaTaupe1C’était pas facile d’écrire dans la voiture. Des kilomètres au kilomètre on a fait. Plein. La voiture fidèle carrosse a chevauché autant qu’elle a pu. Quelle est serviable celle-là, vraiment. Sud ouest, sud est, nord est allers retours enchaînés jonglage de personnages. Trouvée sa place partout même dans le moins hospitalier, trouver son coin. Pas loin de huit mille kilomètres et pas mis un centime dans la poche des autoroutiers, ça c’est un cadeau de plus à soi-même et même aux autres en fait. Essayer d’être cohérente un peu plus, polluer le moins qu’on peut tiens. Ça saoule tous ces voyages, tous ces visages, toutes ces âmes. Juste des vibrations reçues données entendues perçues. Juste être au mieux dans l’instant, tenir le fil et le dérouler, jamais pareil, jamais tout à fait le même. Sentir les lieux par les pieds, avec la peau, les oreilles. Être cueillie par leur histoire. Ici pendant ce temps, Gilberte La Voisine en a profité pour partir et Georges reste seul. Ça y est leur tombe à tous les deux, celle qu’on avait découverte au cimetière de Coulonges, il y a quelques années, est remplie à moitié. Gilberte a bien fait les choses. Elle s’est pas laissée couler longtemps. Salut à toi Gilberte ! Ses œillets de poètes fleuriront ici. Vous dire aussi que les hirondelles de la maison sont revenues juste là. Elles nous ont saluée dès qu’on est arrivée. Titittt, salut ! Ça c’est beau c’est bon de les voir à nouveau.

L’édito de La Taupe n°127

LaTaupe1C’est samedi qu’on a vécu ça. À Marseille on était, dans cette ville mythique, jamais vue juste entendu parler d’elle. On était là dans ce quartier abandonné dans cette rue près du périphérique dans ce bruit de voitures cette rumeur de moteurs. Y avait des gens qui passaient mais pas de voix. Comme un silence dans ce bruit de fond. On était assise à la terrasse du seul lieu rescapé dans ce coin, un p’tit kebab comme on en voit partout. Trois tables juste sur le trottoir. On tournait le dos à la rue. Les gars du lieu très gentils nous ont apporté une assiette de frites/salade. Bon on avait demandé sans viande mais y avait quelques morceaux de jambon et puis des tomates cerise aussi. On a mangé les frites et la salade verte laissé les tomates et le jambon. À l’autre table près de la porte y avait deux hommes, du coin sans doute, qui conversaient. Et tout s’est passé pourtant dans le silence. Une femme très âgée très pauvre est arrivée près d’eux, pas de voix non plus, pourtant elle leur a demandé quelque chose. J’ai pensé qu’il la connaissait. Tu veux un coca ? Ils lui ont offert un coca et puis aussi un sandwich. Elle est restée là les yeux dans le vague debout à manger. Et puis on a payé par la fenêtre ouverte, et quand on s’est retournée, y avait un p’tit gars étranger affamé qu’a demandé à finir mon assiette. Tout s’est passé dans le silence. Surprise, on lui a laissé la chaise, l’assiette et du pain. Et il a mangé. On lui a donné un peu d’argent et une part de pizza aussi. Et la vieille femme lui a laissé sur la table la moitié de son sandwich et les deux hommes lui ont offert une boisson. Ça s’est fait dans le silence comme ça. Y avait que de la misère tout autour de ce silence et une grande humanité. On est partie travailler, chavirée.

L’édito de La Taupe n°126

LaTaupe1On ne comprend pas trop comment ça marche une tête d’hom-fem politique. C’est vraiment un mystère. On dirait qu’on n’est pas fait pareil quoi. C’est dommage que les nez ne s’allongent pas dès qu’il y a mensonge. Ce serait sympa et beaucoup plus simple comme ça. Les nez ne trompent jamais eux. Ils savent bien s’ils peuvent s’allonger ou rétrécir. Pratique comme truc. Ça éviterait bien des soucis. Il y aurait deux cas de figures : le nez qui s’allongerait lorsque mensonge sans vergogne et le nez qui rétrécirait lorsque mensonge à soi-même. On ne va pas vous donner d’exemple quand même vous voyez bien ce qu’on veut dire. Ben oui, c’est sûr, personne au bout du compte ne serait épargner, forcément. On est tous des humains. Mais on se dit régulièrement qu’on aimerait bien avoir un tête à tête avec un ou une de ces politiques, avoir une vraie conversation à la Duras, sans tout ce verbiage appris par cœur et tellement froid tissé de chiffres assénés à tout bout de champ, de propos invraisemblables. Comment peut-on parler de la santé des gens, de leur vie, de leur corps, de leur naissance en terme de pourcentage de critères de rentabilité et de plus sembler y croire ferme. Comment ils font pour mentir si tant tout le temps ? Comment ?

L’édito de La Taupe n°125

LaTaupe1Pour l’instant vu de loin même avec un mouchoir sur les yeux des bouchons dans les oreilles et une pince à linges sur le nez ça semble pas terrible ce qui se passe ici-bas pas loin par là en France. Non c’est vrai que 2017 ça rime avec quéquette (on voulait éviter de vous le dire) mais là on est bien obligée. C’est sans doute pour ça que y a pas de femmes candidates (enfin pas de Femme…). Alors, ça serait plus simple si tous ces bonshommes issus de la même famille, d’après ce qu’on a compris, se mettaient tout nus et selon des critères choisis d’avance se mesuraient. Ils pourraient faire ça très vite. Ça prendrait une heure à peine. Ils pourraient se mesurer tout ce qu’ils voudraient les poils la barbe, les oreilles, les doigts, les pieds, le torse… tout quoi. Et puis ils feraient une addition ou une soustraction et celui qui aurait le plus du moins serait choisi comme prétendant à la gouvernance nationale. Voilà ce serait plus efficace plus économique et au moins ça serait drôle… Aussi, on pourrait organiser encore plus d’élections on ne ferait même plus que ça d’ailleurs ; ça serait la fête populaire tous les jours, le spectacle tous les dimanches soir, une sorte de démocratie démocratique à laquelle on pourrait participer en téléphonant en twittant deux trois mouvements, pof, on se sentirait important et c’est ça qui compte, non ? Y aurait des trucs à gagner, des autocollants, des badges, des porte-clefs, des casquettes, des voyages à Washington pour le… pour… oui ça serait chouette ouais chouette. Alors pour 2017, surtout gradez la chouette !

L’édito de La Taupe n°124

20172007, c’est pas croyable mais ça rime avec plein de choses ! C’est rare un vœu en ète ! C’est une vraie découverte ! Cette nuit on pensait à ça ; quoi vous souhaiter pour cette année 2017… ça paraissait pas facile et puis voilà, sont arrivés tous plein de mots, un flot continu, répétitif, et y en avait tant et tant que la nuit était toute réveillée dans l’obscurité de la lune noire. Y en avait et au matin ils sont partis, évaporés, oubliés… alors obligée de se rappeler, de réfléchir… c’est bête la tête parfois ! Puis c’est revenu, voilà… pas si bête en fait ! Oui y a tous les mots qui disent « petite », petite chose comme chaussette petite rame comme ramette petite mine comme minette petite mie comme miette petite cause comme causette petite espagnole comme espagnolette petite viole comme violette petite cade comme cadette petite pale comme palette petite chou comme chouette petite casse comme cassette petite bine comme binette petite nuit comme nuisette petite verge comme vergerette petite reine comme reinette petite fille qui espère comme esperluette…
Sept on aime bien, ça sonne joyeux dans la bouche, ça rime avec tête, bête, pète, esthète, quête, tempête, poète, planète, squelette, perpète, prophète, fête… pouet pouet eh ouais ! alors pour 2017, tout ça on vous souhaite ! C’est pas compliqué, faut vous organiser, choisir peut-êt’e ! Surtout vous prenez pas la tête, tous les jours une fête ?

L’édito de La Taupe n°123

LaTaupe1

La poésie existe pour que la mort n’ait pas le dernier mot. Odysséas Elytis

Bon ben voilà c’est décembre ! Paf ! Allez le froid et le soleil d’un coup font la paire. C’est beau comme tout, c’est pas doux pour tout le monde. Mais ici oui ça donne du baume dans l’œil et dans le cœur. Ces deux-là quand ils ne viennent pas en hiver, il manque quelque chose. Oui, on manque souvent de quelque chose nous les humains, enfin nous les Occidentaux, enfin nous les Français, enfin nous ici, enfin nous moi quoi… souvent quelque chose qui manque ! c’est quoi ce manque qui revient souvent il vient d’où celui-là ? C’est où qu’on a chopé ce virus ? Quand donc qu’on l’a attrapé ? Tu sais ça toi ? Dis-moi ? Pioc rouge-gorge, Charly chat, toi lézard ? toi la mouche qui meurt de froid ? toi mésange ou toi merle… hein petits voisins de la cour… un rayon de soleil et tu chantes, un rayon de lune et tu rêves, une pluie diluvienne et tu attends tranquille à l’abri, le jour tu te lèves, la nuit tu te couches… pas compliqué. Chaque chose te remplit. Alors c’est quoi ce manque ? Dis-moi ?

L’édito de La Taupe n°122

La poésie existe pour que la mort n’ait pas le dernier mot. Odysséas Elytis

Oh non ne dites pas que vous êtes pris ailleurs c’est vous qui décidez ! dites plutôt je choisis d’être là ou là ! Personne n’est obligé de rien sauf s’il est en prison là oui c’est sûr que… On n’a pas semble-t-il conscience de ce que c’est l’absence de liberté, de libre arbitre nous qui vivons encore sous un régime dit démocratique. On a encore cette possibilité de choisir. Faut en profiter ! non ? Pas la peine de s’inventer des barrières soi-même, c’est bien assez compliqué comme ça !
A force de se dire je peux pas, ben tu peux pas ! Ça c’est très efficace comme méthode.
Une qui est en prison depuis août c’est l’écrivaine turque Asli Erdoğan.
Elle écrit le 1er novembre 2016. Prison Bakırköy Cezaevi, C-9, Istanbul.
« Chères amies, collègues, journalistes, et membres de la presse, Je vous écris cette lettre depuis la prison de Bakırköy, au lendemain de l’opération policière à l’encontre du journal Cumhuriyet, un des journaux les plus anciens et voix des sociaux démocrates. Actuellement plus de dix auteurs de ce journal sont en garde-à-vue. Quatre personnes dont Can Dündar, (ex) rédacteur en chef, sont recherchées par la police. Même moi, je suis sous le choc. Ceci démontre clairement que la Turquie a décidé de ne respecter aucune de ses lois, ni le droit. En ce moment, plus de 130 journalistes sont en prison. C’est un record mondial. En deux mois, 170 journaux, magazines, radios et télés ont été fermés. Notre gouvernement actuel veut monopoliser la “vérité” et la “réalité”, et toute opinion un tant soit peu différente de celle du pouvoir est réprimée avec violence : la violence policière, des jours et des nuits de garde-à-vue (jusqu’à 30 jours)… Moi, j’ai été arrêtée seulement parce que j’étais une des conseillères d’Ozgür Gündem, “journal kurde”. Malgré le fait que les conseillères n’ont aucune responsabilité sur le journal, selon l’article n°11 de la Loi de la presse qui le notifie clairement, je n’ai pas été emmenée encore devant un tribunal qui écoutera mon histoire. Dans ce procès kafkaïen, Necmiye Alpay, scientifique linguiste de 70 ans, a été également arrêtée avec moi, et jugée pour terrorisme.
Cette lettre est un appel d’urgence ! La situation est très grave, terrifiante et extrêmement inquiétante. Je suis convaincue que le régime totalitaire en Turquie, s’étendra inévitablement, également sur toute l’Europe. L’Europe est actuellement focalisée sur la “crise de réfugiés” et semble ne pas se rendre compte des dangers de la disparition de la démocratie en Turquie. Actuellement, nous, – auteurEs, journalistes, Kurdes, AléviEs, et bien sûr les femmes – payons le prix lourd de la “crise de démocratie”. L’Europe doit prendre ses responsabilités, en revenant vers les valeurs qu’elle avait définies, après des siècles de sang versé, et qui font que “l’Europe est l’Europe” : la démocratie, les droits humains, la liberté d’opinion et d’expression… Nous avons besoin de votre soutien et de solidarité. Nous vous remercions pour tout ce que vous avez fait pour nous, jusqu’à maintenant. Cordialement. »

SIGNEZ la pétition! Elle est condamnée à perpétuité ! Aslı Erdoğan derhal serbest bırakılsın – Free Asli Erdogan

On est là dehors… le tilleul est d’or c’est beau !

L’édito de La Taupe n°121

LaTaupe1Alors on fait quoi ?

Des bribes nous parviennent ici ou là… et plus le recul est grand plus c’est évident que c’est polluant choquant consternant. Là où l’on croirait le summum atteint y a toujours du plus pire du plus moins du plus creux… on dirait bien qu’un puits sans fond réceptionne la bêtise humaine… peut-être que ce puits, un jour on pourra le boucher, mettre un couvercle dessus ! Là les pensées malodorantes limitantes violentes idiotes binaires misogynes pourront se décomposer, après tout. Et nous on pourra ignorer ce fatras le laisser, l’oublier même… mais pourvu qu’il ne déborde pas ! Oh ! À moins que justement… c’est parce qu’il déborde en ce moment que l’atmosphère est si tant saturée ? Ah oui peut-être c’est ça, juste une histoire de vidange pas faite… ben oui faudrait contacter des vidangeurs des avaleurs aspirateurs des gourmanfriands de malodeurs de mensonges de non-sens de moi je, de toi tu, de propagande petitesse bouh bouh… aspirer toute cette cacophonie direct, l’écrabouiller dans des tubes hermétiques et hop filtrer peut-être… et respirer de nouveau retirer les cotons des oreilles sensibles et puis alors inventer encore s’inventer chaque espace chaque instant chaque ami chaque amie chaque voisin chaque matin chaque chemin chaque rire chaque sourire et chaque silence aussi !

L’édito de La Taupe n°120

Oui il y a des gens qui survivent dans les rues de Paris.
Des petites familles des gens dignes et d’une beauté à couper le souffle ils sont syriens sans doute. Là tu marches et si ta poche n’est pas remplie de pièces de monnaie tu es mal à l’aise. Tu essaies de dire bonjour au moins de donner un regard et c’est pas facile. Y a des gens vrais en chair et en os et c’est pas de la blague. Comment faire ? Il commence à faire froid, fini la rigolade et la guerre qui continue. C’est quoi cette incapacité à accueillir l’autre ? On se demande comment on ferait si quelqu’un venait frapper à la porte et demander asile, comment on réagirait… pas sûr d’être à la hauteur ! Ici à la campagne on est épargnés même si la misère est visible et grandissante. On la voit surtout dans les corps déformés par la malbouffe la misère, dans les visages bouffis d’alcool et marqués par le vide existentiel. Ça nous ferait du bien de voir des gens venus d’ailleurs, des gens de couleurs comme on dit. Oui ce serait salutaire.
Alors se préparer à les recevoir, continuer de semer, d’œuvrer là à sa place et puis si ça frappe à la porte, ben on verra bien !

L’édito de La Taupe n°119

LaTaupe1En l’honneur de Pop qui nous a quittés le journal change de nom et devient Garlopopes

Il pleut il mouille c’est la fête ! Hm cette fraîcheur tout à coup et l’odeur de la terre tout juste perceptible… sûr qu’avec une paire d’oreilles aiguisée on l’entend la terre gémir de plaisir, un peu douloureux, à peine. L’eau la caresse, la pénètre et c’est doux.
Ici on a décidé de profiter de tout ce qui arrive, si bien que lorsqu’il pleut une belle pluie bien mouillante on va se mettre dessous et on reçoit cette douche toute fraîche et vivifiante et c’est cadeau ! Alors ne soyez pas surpris si vous passez par là et poussez le portail un jour de grosse pluie de voir quelqu’un en petite tenue ou même nue qui regarde le ciel et dégouline de partout. C’est pas d’aujourd’hui cette envie-là, elle est arrivée petit à petit. Mais surtout au mois de juin tu te rappelles il pleuvait des cordes et on râlait à qui mieux mieux c’est arrivé comme ça tiens on s’est dit au lieu de râler profite donc de cette pluie fais-en quelque chose. Du coup on a arrêté de se plaindre du temps et décidé d’en faire quelque chose.
Eh bien c’est pareil avec le reste. On peut en avoir assez des hommes politiques pour ne citer qu’eux. On a le choix de faire ce que semble faire la majorité des gens : râler après eux, parler d’eux les détester les glorifier… en fait tout ça c’est la même chose si tu en parles, ça les fait exister dans toi, tu as des images des infos qui t’arrivent et tout le tralala, mais si tu arrêtes de parler d’eux, si tu t’éloignes de ce battage, choisis de ne plus leur prêter attention et ben oh bout d’un moment ils n’existent plus pour toi, ils s’effacent, et ne polluent plus tes pensées et c’est drôlement bien ! Ça laisse de la place dans la tête et c’est plus léger! Ben ça c’est valable pour tout, on peut encore décider de penser à ce qu’on veut et penser on fait ça toute la journée… c’est beaucoup de temps quand même ! alors…

Hommage

c’était il y a une vie
ce sera une autre vie
ce sera la même histoire
ça continue
Pop est morte jeudi 4 août vers 16 heures
c’était la saint Jean Marie Vianney
j’savais pas que ça existait ce saint là
ça ressemble à rien ce nom là pour moi
la saint amour était pas loin
mais c’était pas possible d’attendre encore quelques jours
le 4 août le ciel était couvert
le plafond était bas presque collé au sol
il a même plu le matin une grosse pluie de grenouille
pop était mal depuis une semaine
je connaissais l’issue intuitivement dès le premier jour
elle n’a jamais été malade sauf d’indigestion une ou deux fois
nous connaissons l’issue
c’est la même pour chaque être
et de parler d’issue peut faire penser à une délivrance
ça se dit à propos de la mort
oui ça se dit et il y a de ça
Pop a été délivrée, livrée ailleurs déplacée
la vie ôtée le corps inerte ne ressemble en rien à l’être qui vivait
en rien
cette enveloppe est comme un masque une farce
où s’en va l’être je ne sais pas mais il s’efface
il se dit tant de choses là dessus
Pop est arrivée dans ma vie malgré moi
elle s’est imposée au début de l’été 2002
abandonnée sur la route des vacances elle a été trouvée
et c’est ici qu’elle est venue vivre
elle nous a adoptés bien sûr tout de suite Léo et moi
il a fallu qu’elle m’apprivoise et je vous jure qu’elle a été d’une patience sans limites
qu’elle m’a aidée à apprendre à me comprendre
elle n’a jamais lâché ne m’a jamais lâchée du regard
j’ai mis du temps à réaliser que c’était elle qui veillait sur moi et pas l’inverse
elle était là à l’ouverture de la porte de La Maison du Chat Bleu
elle était là
et toutes ces années, c’est comme un siècle,
elle a accueillie chaque personne qui a franchi le seuil de la maison
avec la même constance la même joie
des centaines de personnes l’ont rencontrée
chaque jour la joie chaque jour le même regard d’amour
nous avons voisiné presque 15 ans
une histoire où chacune a trouvé sa place
où chacun a croisé son regard de gourmande, son regard si doux
chacun habitué à la voir là hôtesse d’accueil attentive et très à cheval sur les convenances
j’entendais les gens arriver et dire Bonjour Pop, ça va ?
Elle les escortait jusqu’à la porte de la maison.
Elle est partie nous l’avons enterrée et c’était difficile de creuser cette tombe
car la terre ne s’ouvre pas comme ça
ça marche pas comme dans les films
je n’y serais jamais arrivée seule
là il y avait Jojo, Samia, Jacqueline et moi
et nous ont rejointes Anaïs et Agnès
et je vous jure que le ciel s’est ouvert quand tout fût fini
dans notre silence le soleil est venu la saluer
son âme a troué les nuages
j’ai entendu il y a longtemps une histoire qui disait que les chiens
doivent vivre une belle vie de chien
et qu’alors ils reviennent sous forme humaine
et qu’ils auront une belle vie
je lui ai raconté cette histoire
elle sera fillette jeune fille et belle femme
une belle personne joyeuse attentive et gourmande.
À vous qui l’avez aimée.
Ici le 7 août 2016
Anne

L’édito de La Taupe n°118

JOURNAL DES GARLOPOTES NOVEMRE 2010 N°11Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux.
Benjamin Franklin

On va mettre des drapeaux partout avec le mot LIBERTÉ écrit dessus et nous resterons droits et debout dans le vent, la pluie d’orage, la grisaille et s’il neige pareil. Voilà… que ceux qui préfèrent la sécurité à la liberté viennent faire un tour par ici nous les accueillerons à bras ouverts. Trois semaines de création et de réflexion autour du thème ‘et la liberté alors t’en fais quoi ?’. Oui ça va, on l’espère bien nous ouvrir des horizons dans la pensée le corps et l’âme tiens… Est-ce-que je suis libre vraiment ? Qu’est-ce que j’accepte ? Qu’est-ce que je gobe ? Qu’est-ce qui résonne en moi ? Qu’est-ce qui raisonne si fort ? Et pourquoi, pourquoi ? Je me laisse manipuler ? Ne serait-ce pas parce que j’ai peur ? Peur de la mort ? Ne serait-ce pas parce que j’ai peur de vivre tout simplement ? On vous racontera si vous ne venez pas… ce que ça fait d’écrire le mot liberté partout, de le pétrir, de s’y coller quoi… et surtout n’ayez pas peur de passer par là. La liberté ne mord pas.

Le dessin de Tardi est emprunté à Siné Mensuel de juin 2016 !

L’édito de La Taupe n°117

LaTaupe1

Il est parti Siné… avec toute sa tête. Il a écrit jusqu’au dernier moment… parlé de la mort juste avant de mourir avec un liberté incroyable… du mal à le croire tellement il m’a fait rire, là juste y’a trois jours, quel talent… Bon voyage à toi Siné.

Oui une question qui tourne de plus en plus dans la tête. On regarde des images ou des images nous regardent enfin on se croise les images et moi. On s’informe, on cherche à savoir, à comprendre…  on ne comprend pas, on comprend, les deux. Mais devant ces photos de violences et récurrentes des CRS partout dans le monde habillés pareil, ces hommes qui tapent sans vergogne sur tout ce qui résistent, qui obéissent aux ordres, gazent à bout portant… comme si c’était dans l’ordre des choses… ne commettent-ils pas des actes tout à fait répréhensibles ? Ils ont le droit de faire ça ? c’est étrange non ? C’est légal de toucher l’autre de cette façon ? de lui donner des coups de pieds, de le traîner, de lui faire mal, de lui mettre des menottes dans le dos, de l’embarquer violemment, de mal lui parler ? et tout simplement de le toucher sans y être invité ?… comment c’est possible ? C’est pas la vie normale ça… tu ne touches pas l’autre s’il n’est pas d’accord quand même… c’est ce qu’on apprend tout petit à respecter l’autre… non ? Vous ne trouvez pas ça étrange ?

L’édito de La Taupe n°116

LaTaupe1Alors voilà ça vit ça vient… la nuit debout ! des gens partout ! Ça prévient pas c’est ça qu’est fou ! C’est comme tout y’a un avant et y’a un maintenant.

Mai mai mai Paris mai mai…

Et ce beau printemps si tant là…. la nature altière et fière, est toute en retenue, fait durer le plaisir… comme une attente… et des gens qui se dressent. Ça fait du bien partout… Et cette belle jeunesse qui dit non à la bêtise et tout qui se mélange… tout ça… ben ça donne du courage… ici on est concernée complétement par toute cette créativité. On aime ça… comment vivre sans poésie sans respect sans écoute… chouette alors… même si on n’a pas le temps de participer le cœur y est là-bas… dans les villes sur les places… directement le cœur y est. Ici un drapeau de la paix flotte, c’est mai toute l’année… les fleurs de soucis fleurissent sans cesse et restent à leur place, dehors les soucis se portent à merveille et vivent leur vie. Pas de place pour eux ici dedans et tout va bien. Le rossignol est revenu, les hirondelles aussi, ça y est, elles se sont mises à l’œuvre. Ça bouillonne bien ! chouette chouette chouette… la vie… enfin une saison qui se ressemble une saison qui nous rassemble.

L’édito de La Taupe n°115

La liberté est toujours en vérité provisoire.
Jacques Prévert

Je ne veux plus savoir ce qu’il se passe dans le Monde. Donnez-moi la permission de me retirer en moi. Donnez moi la permission de dire je pour une fois. Je ne veux plus savoir ce qu’il se passe dans le Monde, je ne peux plus. Donnez moi du temps pour rebondir, pour me remettre sur mes jambes. Je suis tombée je tombe, donnez-moi la permission de faire silence, de pleurer. Je ne veux plus jouer je ne peux pas. Donnez-moi la permission de me retirer de me terrer dans mon monde celui que j’aime, celui que personne ne pourra m’empêcher d’espérer jusqu’au bout. Je ne veux plus savoir ce qu’il se passe dans le Monde, je ne veux plus que la beauté des choses, l’amour, la couleur, le rêve, le chant, l’oiseau et la bonté. Je ne veux plus participer à tout ça j’en suis lassée lassée. Donnez moi la permission de me reposer un peu d’aller respirer l’océan l’air du temps d’avril où j’entre doucement. Quel délicieux printemps et on voudrait me priver de lui ! permettez-moi de me retirer, pour une fois de ne pas crier permettez-moi de vous dire que je préfère juste vous dire que je vous aime, que je vous remercie de me lire.

L’édito de La Taupe n°114

LaTaupe1Eh ben voilà les trois spectacles à venir sont des spectacles de femmes. Le hasard fait bien les choses. Hommage ! Thérèse Clerc s’est éteinte le 16 février. Cette Babayaga nous manquera. Mais nous sommes là, nous les femmes vieillissantes et nous veillerons au grain. Une pensée pour elle et pour son dernier voyage. Certains certaines pensent que la cause féministe est une cause dépassée… oh comme ils se trompent… rien n’est jamais acquis… nous en sommes témoins plus que jamais ces jours-ci. Rien n’est jamais acquis ! On avait naïvement pensé que si… pourtant. C’était confortable de penser ça… or voilà maintenant trente ans que tout est remis en question, petit à petit, coup de butoir après coup de butoir… tout vole en éclats. Les Riches ne désarment jamais, ils sont insatiables. Ils paient et ça les rend arrogants et méprisants. Ils sont d’une ténacité exemplaire. Ils le disent d’ailleurs, ils sont patients. Mais quand même les pires, ce sont leurs valets. On ne sait plus où donner de la tête, tellement le carnage est organisé et généralisé. Mais voilà… tant que nous sommes là, tant que nous serons vivants, nous résisterons, nous inventerons notre vie. Il y a des choses formidables qui arrivent dans tous les coins de notre beau pays. Toujours l’espoir et la créativité. Il y a une semaine soixante mille personnes se sont rassemblées pour défendre Notre-Dames-des-Landes et plus largement dire un autre monde est possible. Inventons-le là où nous sommes !

L’édito de La Taupe n°113

LaTaupe1C’est pas une nouveauté… le bateau du gouvernement est bien mal en point ! à distance ça fait pitié de voir ça… et concrètement c’est un désastre que ce groupe humain-là, des casseurs on appelle ça. Pff, la seule qui avait de l’allure, de la culture, qui savait parler notre langue, citait des poètes par cœur, parlait de lectures, de livres, portait un regard et quel regard (quel visage !) sur la vie et sur son prochain. La seule qui semblait penser par elle-même… a quitté l’embarcation… quel dommage… Ceci dit on se demandait comment elle pouvait tenir le coup au milieu de ces hommes insignifiants, brutaux qui s’expriment à coup de mâchoire serrée et langue de bois. Elle a dû en voir des vertes et des pas mûres comme on dit. Une femme sacrée ! On peut que lui donner raison ! S’ils restaient entre eux à éructer comme ça en cercle fermé on s’en ficherait bien mais ils organisent une casse généralisée… on oubliera pas que ce sont eux qui condamnent les ouvriers de Goodyears à neuf mois de prison ferme pour avoir défendu leur boulot en séquestrant un ou deux de leurs cadres. On oubliera pas que ce sont eux qui veulent la destruction du site de Notre Dame des Landes… On va pas faire la liste… mais on oubliera pas. A cette adresse vous pouvez voir des films sur la résistance à Notre Dames des Landes, des gens très beaux, dignes ! www.acipa-ndl.fr

L’édito de La Taupe n°112

LaTaupe1La beauté est une manière de résister au monde, de tenir devant lui et d’opposer à sa fureur une patience active.
Christian Bobin

Y’a Noël et ses cadeaux… mais on pourrait bien déposer son chausson au mois de janvier. Ça changerait ! on écrirait une lettre dite au Père Janvier (père pour ne pas perdre tous les repères). On aurait jusqu’au 31 pour l’écrire cette lettre. On pourrait tout demander sauf des cadeaux emballés comme ceux qu’on connaît. On pourrait faire des listes et les publier ou les coller en gros sur les murs des maisons. Il y aurait comme ça des maisons, des hameaux, des villages, des villes entières couvertes de vœux les plus incroyables, les plus grands, les plus drôles, les plus beaux. Ça ferait rêver, ça ferait lire, ça donnerait de la gaîté peut-être. On irait voir les gens et leurs vœux on en parlerait peut-être… et sans doute qu’ on en verrait peu des gens qui diraient : moi je veux une grosse guerre, un accident nucléaire, voir mourir mon frère et ma mère. D’ailleurs parfois l’écrire qu’on voudrait tuer son père ça peut faire du bien et après ça passe on a plus envie de le faire puisque c’est dit… le pire c’est de le taire … Ça vaudrait le coup d’essayer non ? d’ailleurs ça nous donne des idées. On pourrait faire des dessins aussi des peintures. Ça serait éphémère bien sûr. D’ailleurs tiens si ça te dit à toi d’écrire comme ça ta première lettre au Père Janvier fais-le et envoie-là ici. On en fera forcément quelque chose de beau… si ça te dit fais-le. On en fera sûrement quelque chose de beau.
Si ça te dit… hein ?

L’édito de La Taupe n°111

On aimerait vous faire un cadeau pour cette fin d’année, on aimerait vous dire les plus belles paroles, celles qui donnent du baume au cœur, on aimerait, malgré ce chagrin immense dans lequel nous sommes, vous dire, ramons encore, ça vaut le coup toujours de ramer, on aimerait vous couvrir d’illusions, vous raconter des balivernes, vous faire rêver, on aimerait vous dire que ça y est enfin l’humain est devenu humain et digne de l’être, on aimerait vous dire reposez votre corps, reposez votre âme, écoutez le silence, le chant de l’oiseau, la voix de l’enfance, on aimerait vous dire qu’il fait si doux en ce mois de décembre, que c’est un cadeau peut-être, de la douceur on en a tant besoin, on aimerait vous dire malgré la colère, le sentiment d’impuissance essayons encore tant que nous sommes vivants, on aimerait vous dire écrivez sur vos maisons des messages d’amour et d’espoir, on aimerait vous dire la rue est à nous donnons-lui de la beauté, écrivons sur les trottoirs sur les bancs reprenons l’espace public tout ça nous appartient, on aimerait vous dire merci d’être là, merci pour les petits mots, pour les rencontres, pour ces liens que nous tissons, pour les regards, les sourires merci à vous…

L’édito de La Taupe n°110

LaTaupe1Bon alors là… on y est en plein dans le mille, on y est. Alors là même si on n’écoute pas la radio, ni ne regarde la télé… alors là quand même là faut dire que là… on sent bien que… qu’on est au cœur de l’actualité ici… hein la liberté t’en fais quoi ? c’est notre thème quand même… et puis Comment va le monde ? ben oui ! c’est pas mal aussi comme question aujourd’hui. Comment va le monde papalapalalala, euh ben pff… ça… on a bien une idée là-dessus… On voudrait bien vous en parler tiens… alors par exemple on pourrait créer des écoles Freinet ou Montessori, des écoles où les enfants pourraient prendre le temps de vivre, où ils ne seraient pas tout serrés dans les classes, où ils pourraient se mélanger, se patauger, où ils pourraient danser et peindre, planter des graines tranquillement, où on leur dirait tiens si tu veux tu peux faire un gâteau pour les autres, chanter une chanson qui n’existe pas, te reposer avant la récré pour pouvoir jouer. On pourrait à la place des avions de guerre, on pourrait acheter des maisons pour les gens qui n’en ont pas, de toit, on pourrait dire ben voilà toi t’as des maisons, plein de maisons ben quand même tu pourrais bien en donner une ou deux hein, pour partager avec les autres. On pourrait dire, tiens mais c’est vrai quand même, où sont passés tous les éducateurs qu’étaient dans les cités, qui faisaient des trucs chouettes avec les « jeunes ». On pourrait leur dire ben revenez y’a besoin de vous… on pourrait dire ben oui, si on ouvrait notre cœur tiens ! si on ouvrait hein … si on ouvrait les bras par exemple ! enfin des idées on en a plein ici… on pourrait nous demander notre avis parfois… parfois on pourrait quand même !

Si on me demandait, je dirais

Si on me demandait je dirais
vive la vie
je dirais
il faut nous aimer sur terre il faut nous aimer vivants (Paul Fort)
je dirais
quoi ? pourquoi ?
je dirais
tristesse consternation cœur en berne
je dirais
tiens ça n’arrive pas qu’aux autres
qu’à ceux qui vivent si loin qui ont droit aux attentats quotidiens depuis des décennies
je dirais
l’indignation sélective me fatigue
un enfant est un enfant où qu’il soit
je dirais
bouh ces discours guerriers, cette virilité, ce mot éradiquer
je dirais
bouh ces hommes en érection de combat
je dirais
la guerre n’a-t-elle jamais résolu quelque conflit, hein ?
je dirais
tous ces fils perdus c’est un échec
je dirais
les réponses on les connaît
occupons-nous de nos enfants éduquons-les aimons-les
je dirais
quoi ? on fabrique toujours et encore et encore des armes
je dirais
riposte coup pour coup dent pour dent
combien de corps sous des bombes propres
je dirais
combien nous coûte l’opération vengeresse de ce dimanche soir
combien coûte un poste d’éducateur de rue
je dirais
comment chanter encore ce chant vengeur, cette marseillaise
je dirais
qui sème la misère récolte la tempête
je dirais
que sont mes “espoirs” devenus que j’avais de si près tenus et tant aimés (Rutebeuf)
je dirais
je ne comprends pas ce monde
je dirais
allez voir Fatima le film de Philippe Faucon, et La Désintégration du même réalisateur
je dirais
je vais continuer mon chemin celui du doute, du partage, de la rencontre, de la fantaisie, de la liberté, de la beauté, de la désobéissance
je dirais
ris de toi-même, cultive l’humour, choisis ta vie
je dirais
renforce ton amour pour toi-même dissous ton égo
je dirais
regarde le cœur du voisin pas sa voiture
je dirais
souris si tu peux
je dirais
essayons d’être heureux ne serait-ce que pour donner l’exemple (Jacques Prévert)

L’édito de La Taupe n°109

LaTaupe1Oh on doit être, on l’espère peu nombreux à se trouver là tout de suite devant un ordinateur… mais bon c’est le premier jour du mois, vrai, c’est notre moment de rendez-vous avec Vous, l’instant. C’est la Toussaint, tiens et le soleil est généreux. Tout est ouvert comme au cœur de l’été et pendant que vous sirotez un petit verre à une terrasse, que vous portez un chrysanthème à un être aimé, que vous osez vous déshabiller et vous jeter à l’eau, que vous arrachez, rempotez, nettoyez votre jardin, que vous siestez paresseusement seul ou avec votre amour, que vous lisez, que vous mangez, pendant que la terre continue de se tourner de se retourner, pendant que les bombes tombent et tuent, ici, on est partagée entre le bonheur et l’envie de pleurer. Cette émotion, cette joie-là qui donne l’envie de pleurer tellement c’est beau. On devrait avoir un mot pour dire ça, pleurer de joie c’est réducteur. Existe-t-il un mot pour ça ? c’est qu’on écoute en avant-première la maquette du disque de Simple Com’ (lire simple comme)… vous vous souvenez ? Ce sont les enfants d’ici (et tous leurs invités) qui ont grandi, qui ont travaillé leurs voix instruments, écritures, arrangements et c’est tout bonnement magnifique.
Un disque poétique, profond, joyeux et désespéré, des textes ciselés et des mélodies/arrangements fouillés qui nous parlent de nous, de notre monde. Quelle leçon !
Merci d’y prêter attention.

L’édito de La Taupe n°108

Eh ben on croyait bien qu’on n’arriverait pas à trouver le temps de vous écrire tant l’espace de cette rentrée, comme on dit, était saturé et quelque peu vicié. Hmm y’a des effluves nauséabondes qui traînent… même si nos oreilles n’écoutent plus les sirènes du monde en guerre… on sent bien que la guerre est là tout autour. Les « va-t-en-guerre » se portent à merveille. Et ça éclabousse le petit être que nous sommes. Paf pif pougf… Y’a pas que de la rumba dans l’air… Dommage… Bon voilà que ça se calme. Le vent du nord a du bon, il apaise les ardeurs et chasse les mauvaises odeurs. Il mord, le coquin, donne l’alerte. Restez vivants il dit ! Bougez-vous, tiens. S’en faire un ami plutôt, l’accueillir après tout. Accueillir, ouvrir, laisser aller la vie bon sang… Tout à l’heure sur le chemin les noix tombaient dru. Il en pleuvait … y avait plus qu’à ramasser. Ça, c’est la joie de l’automne, le glanage. Les noix, c’est un peu comme les œufs de Pâques, les dénicher, les sentir sous les pieds… toujours le plaisir d’en remplir ses poches, son tablier, son foulard… et de rentrer avec ce trésor. La vie quoi… comme disait l’ami, Denis. Tiens, une pensée pour lui, parti un jour d’automne. Lalala… La vie quoi…

L’édito de La Taupe n°107

LaTaupe1Ça y est on va boucler cette boucle. C’est juin ça y est on y est. La chaleur tout d’un coup l’été. Hop envie de sortir le hamac et d’y rester des heures à écouter les oiseaux se parler. Oui mais bon c’est pas trop le moment de se ramollir… pourquoi ? on devrait pouvoir se ramollir si besoin. Hop fondre comme neige au soleil le temps nécessaire. Ça n’embêterait personne dans le fond, juste ça ferait des flaques incongrues par ci par là, des flaques qu’il faudrait éviter quand même. On ne marche pas sur les autres sans risquer de les abîmer. On saurait que quelqu’un se repose. On saurait ça, ça se dirait car on serait élevés dans le respect de l’autre. L’autre serait bienvenu même sous forme de flaque. Il aurait confiance. Je suis flaque quelques temps laissez-moi dormir un peu. Il n’y aurait pas de danger d’être dérangé sauf peut-être par une mésange ayant besoin de prendre un bain, ou par un bébé pieds nus apprenant à marcher et ça ferait juste un peu de chatouille.  Ça permettrait de respirer et de changer les habitudes. Pas de chauffeur de bus ce matin, il dort, allez vous promener les enfants… ou bien des enfants ne descendraient pas du bus, y resteraient plusieurs jours endormis. Et les classes seraient moins remplies. On pourrait choisir… et ça ferait des économies forcément puisqu’on ne parle que de ça tiens… « faire des économies » quand même c’est fou de ne parler que de ça, d’argent, oh quand même… c’est vraiment sans intérêt non ?

L’édito de La Taupe n°106

LaTaupe1Y’a des peuples oubliés, des peuples sacrifiés, dont on ne parle pas ou plus. Le peuple Sarahoui ça vous dit quelque chose ? on se souvient de ça… Front Polisario, Sahara Occidental, marche verte… Oublié… c’était dans les années 75, vers là, ce peuple chassé par l’armée marocaine et l’armée espagnole (soutenues par le gouvernement français). On les a oubliés tiens… parfois on s’disait ça que sont-ils devenus ? ben juste vous rappeler que ce peuple résiste toujours. Étonnant peuple de nomades, peuple du désert. Étonnant peuple arabe qui vit depuis quarante ans ni dans la paix ni dans la guerre, privé d’une partie de sa terre occupée. En ce jour de repos et de pluie, vu sur Arte7 ce documentaire La Dernière Colonie. Une dignité, une beauté chez ces gens… quelle leçon ! des femmes libres et respectées, un peuple qui mise sur l’éducation 95% d’alphabètes… Un peuple privé de sa terre ne lâche jamais… partager ça avec vous… ici on parle de racines beaucoup. C’est le thème de l’année… de l’importance d’avoir des racines. Avec la préparation du festival d’été nous travaillons là-dessus, passionnant. Si le cœur vous en dit venez c’est à partir du 8 juin que la porte s’ouvre.

L’édito de La Taupe n°105

LaTaupe1Bon une fois n’est pas coutume on devance le temps tiens. Voilà c’est pas fini mars mais allez on passe à avril. Avril, on va pas vous la faire, l’histoire du fil. Avril on verra bien, aujourd’hui on pense à Radio France… ça y est, y’a grève… une sacrée grève… du jamais vu sans doute. Toucher la Radio FM ça fait déjà un moment qu’ils grignotent de-ci de-là… en virant l’un en ne renouvelant pas l’autre en glissant de la pub en faisant disparaître peu à peu les Voix en les remplaçant par des voix qui se ressemblent des voix qui ricanent qui déblatèrent… oh quelle tristesse…  Ça y est les charognards attaquent sévère… la même tactique… y mettent en place une nouvelle tête si possible une grosse tête qui n’y connait rien, une personne nocive mais qui ne le sait même pas… elle est chargée de tout casser et sans doute très bien payée pour faire ce sale boulot… Là y z’ont mis un jeunot qu’a sans doute jamais écouté la radio, qu’est né avec les radios privées tiens (belle blague que ces radios-là). Un jeune mec qui investit dans « son bureau » la bagatelle de 100 000 euros…  allez ben oui… son précieux petit cul a besoin d’un gros fauteuil… et dans sa tête ce garçon « pense » qu’il faut virer des gens pour faire faire des économies… alors ça veut dire 300 personnes dehors, tous volontaires bien sûr…  Ça fait trente ans que ça dure…  toute cette énergie au service d’une destruction massive et organisée. Ben c’est pas de ça qu’on rêvait… heureusement qu’on rêve encore.

L’édito de La Taupe n°104

On aimerait vous chanter ce qu’on écoute en boucle, là tout de suite, partager cette musique… là… oh le chant, le mystère du chant, d’où ça vient… d’où viennent ces larmes qui arrivent à l’écoute de ce chant, de cette musique, des larmes comme  un tourbillon comme un plaisir une jouissance… étonnant inépuisable sac de larmes … toujours là prêt à craquer… la musique qui le croque qui le crève hhhhhhhpfff c’est tellement… mais quoi la beauté ? c’est quoi ? cette beauté, là et cette envie de bouger de danser, remplir la maison comme un œuf de ce souffle, le cœur ouvert ouvert ouvert… Où vers, où ? vers ? quoi ? comme un autre endroit un ailleurs une éternité là où les yeux se ferment de délice, où se frottent des chagrins, des envies de vie,  quelque chose qui affleure, qui effleure, eh fleur sur la lèvre posée, un baiser, une musique baiser, une musique qui bascule, qui se pose et glisse, une chant désir, comme l’enfant qui dit encore encore encore, comme l’amante qui crie oh oui  encore encore encore. Ça… diffusé sur la terre entière au même instant, cette musique, son silence, et le silence qui suit.

L’édito de La Taupe n°103

LaTaupe1C’est quoi ces chiffres… on se demande si on n’est pas arrivé à la limite… après 1 c’est 0% et après qu’est-ce qu’il se passe ? En amont de la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos, Oxfam a calculé que l’an prochain, le patrimoine cumulé des 1% les plus riches du monde dépassera celui des autres 99% de la population. Les 1% les plus riches possèderont plus que le reste de la population mondiale en 2016.
Aujourd’hui froid de canard tiens… À la Chandeleur l’hiver se meurt ou prend vigueur. Eh ben te voilà l’hiver enfin, c’est bien. C’est bien ce froid car on entendait les oiseaux ces jours-ci qui commençaient à s’énerver à chanter à tout va. Les voilà de nouveau cachés dans des abris de fortune. Ça c’est toujours comme un miracle que d’entendre les oiseaux chanter au cœur du reste… ils s’en foutent les oiseaux si c’est la guerre tout autour, si on est triste malade heureux ou pas. C’est comme s’ils étaient là au-dessus de tout souci, de tout soupçon. Ils semblent ne pas connaître autre chose que le silence ou la joie. Y’a bien longtemps on a vu un film d’animation qui s’appelait Les Oiseaux sont des cons, d’un certain Chaval qu’on a confondu longtemps avec Chagall. Jamais oublié ce petit film, va savoir… la mémoire ! Chaval était un dessinateur humoriste né le 10 février 1915 tiens c’est presque son anniversaire dis donc ! Enfin il est mort en 68, il s’est suicidé… si vous voulez savoir… et voir d’autres dessins, y en a .

L’édito de La Taupe n°102

Envie, puisqu’on y est en vie encore, de partager ce court extrait de Nasser, président égyptien, parlant du voile il y a 60 ans… ça fait drôle… regardez !
Nasser parle de son entretien avec les frères musulmans sur la question du voile (YouTube)
Et puis de remercier toutes les personnes qui ont réagi à la lettre de Anne, c’était une avalanche de beaux messages de mercis et de tendresse. Vous faire partager cette parole de Julos Beaucarne écrite en 1975 qu’on nous a envoyée ces jours aussi : « Sans vous commander, je vous demande d’aimer plus que jamais ceux qui vous sont proches. Le monde est une triste boutique. Les cœurs purs doivent se mettre ensemble pour l’embellir. Il faut reboiser l’âme humaine… » Et puis vous signaler que Là-bas si j’y suis reprend du service sur le net et qu’on peut s’abonner… z’ont un facedebouc… Et que si Charlie Hebdo avait besoin d’aide pour perdurer il en est de même aujourd’hui pour Siné Mensuel, pour L’Humanité… pour Fakir, pour Reporterre, pour Basta Mag, pour CQFD, etc., alors c’est le moment de s’abonner, de soutenir… après ce sera trop tard ! Et les regrets… c’est bête quand même quand on y pense ! Comme d’aimer les autres une fois qu’ils sont morts !

L’édito de La Taupe n°101

LaTaupe1On se dit pourvu que ça dure la vie encore un peu longtemps, on se disait ces jours ah tiens on va leur parler de ça, et puis de ça… et en fait là à l’instant d’écrire ben y a plus rien qui vaille plus rien qui vient rien vraiment rien qui passe… le ciel est de nouveau tellement bas… bon  faudrait se ressaisir… c’est le moment de faire des vœux et d’en souhaiter à tour de bras, à qui mieux mieux… tiens c’est bien qui mieux mieux comme vœux, on peut dire allez portez vous à qui mieux mieux ça veut dire : allez encore mieux ! Ça c’est la bonne nouvelle : on peut toujours aller mieux… on vous souhaite ça :  pour 2015 allez, allez  mieux tiens, oui c’est bien ça !
Ah stop voilà qu’une idée semble revenir… oui on se disait à quoi on pense quand on est tellement riche qu’on a de quoi bien vivre pour cent ans et plus, sans rien faire s’entend, à quoi on pense quand on est tellement fortuné, de quoi rêve-t-on ? est-ce qu’on rêve encore ? à quoi on rêverait si c’était le cas ? bon si c’était le cas ? ben euh ben pff euh pffpfpff ooh bon c’est quoi ces questions ? là on n’a pas envie de répondre, voilà !

L’édito de La Taupe n°100

Faudrait pas croire tout ce qui se dit, vaudrait mieux chercher à comprendre, un peu regarder, un peu tendre l’oreille, peut-être même s’arrêter vraiment pour y voir mieux, juste comme ça de soi-même. Ce qui se dit, ce qu’ils disent, ils l’ont dit alors c’est vrai, c’est curieux quand même cette crédulité, ce besoin qu’on a de croire à, de croire une voix qui dicte ce qu’il faut penser, et d’y retourner chaque jour, à cette source s’abreuver de discours limitants assénés si bien ficelés, pensée muselée… du bien du mal… pensée binaire… hm c’est curieux de voir ça, cette acceptation du ils l’ont dit alors c’est vrai, c’est ça qui est dangereux, c’est lui mon ennemi, les autres sont mieux lotis, c’est ça que j’ dois manger, comme ça que j’ dois m’soigner… c’est là que j’ dois passer, cette obéissance-là, cette passivité, croire que s’il pleut il fait mauvais temps, que le soleil ne luit que dans un ciel sans nuage… et puis attendre toujours cet homme providentiel (ou une femme non ? hélas y en a bien une qui rôde) sensé nous sauver, nous redresser… zut alors et si on se retroussait un peu les manches, qu’on arrêtait de subir, si on ouvrait nos maisons, si on laissait nos portes ouvertes, si on se réunissait pour inventer d’autres mondes… ça vient ça vient ? oui ça vient… il y a des graines semées un peu partout… semons, semons… ensemençons… tiens…

L’édito de La Taupe n°99

LaTaupe1Y en a qu’appelle ça la flemme et si c’était juste de la fatigue ! derrière le mot flemme y’a pas loin celui de flemmard, un jugement quoi déjà… bon peut-être y’a des gens qui sont des fatigués de naissance comme on dit… mais de naissance on n’y croit pas… des feignants y en a… peut-être juste feignent-ils, peut-être qu’ils ne savent pas exister… c’est vrai on en a rencontrés parfois de ceux qu’ont les mains coincées dans les poches… qui s’arrangent pour ne rien faire… on les repère vite ceux-là quand ils passent ici, alors on leur occupe les mains et parfois ils aiment bien, souvent ils sont surpris, parfois ils regardent de travers mais ils obtempèrent… mais bon on le voit bien que la plupart des gens ont envie de participer, de faire, de fabriquer, de s’intéresser… il suffit de regarder un peu, ça se voit quand même. Et puis faut pas confondre avec la paresse, ah la paresse ça c’est autre chose, c’est l’intelligence… ça n’a rien à voir… c’est beau, c’est vivant, c’est malin la paresse… Là y’a tellement pas de lumière que  ça crée une sorte de flemme en nous, qui pourrait bien être l’expression d’une fatigue tiens… c’est possible… on se demande même si on n’est pas en train de dormir en pensant à vous… hm

L’édito de La Taupe n°98

LaTaupe1C’est bien la fête des morts quand on la vit vivant. Une journée toute belle qui commence comme un été qui s’étiole doucement vers l’automne et qui finira on ne sait pas encore comment… Une journée d’étomne, c’est la nouvelle saison ! ça a commencé hier soir, c’était la nuit déjà et on roulait dans la campagne thouarsaise à la recherche d’un  lieu dont on nous avait parlé… on roulait confiante, on roulait certaine d’arriver là tout de suite au Trompe Souris Café tellement ça paraissait évident et facile de le trouver même dans le noir. En fait on s’est heurtée à quelques obstacles, du genre pancarte absente et crac nous voilà partie traçant tournant bifurquant et au bout d’un moment maugréant ! Mais alors qu’on faisait un demi- tour pas trop contrôlé bloquant la route voilà qu’une voiture passa : une aubaine dans ce désert tout noir… les passagers connaissaient  de réputation ce Trompe Souris Café et nous voici repartant avec une nouvelle information et la certitude que cet endroit existait bien… mais la nuit tous les chats sont gris, il nous manquait quelque chose pour parvenir au but… et nous sommes revenue au point de départ explorer la seule route  que nous n’avions pas encore prise… et là… un choc, le premier de la soirée : transportée aux abords d’un pont romain invraisemblable juste avec la lune et l’envie de faire pipi aussi… un pont comme on n’en n’avait jamais vu un pont sinueux bordé des deux côtés d’un muret, un pont étroit que nous avons parcouru à pied de peur de se retrouver coincée  par une garnison romaine. Là, il faut bien l’avouer, on était au bord de l’abandon mais ravie d’être là perdue aussi : renoncer ou persister entre rire et impatience… Mais la fourmi nous rappela au combien la patience pouvait nous aider en toute circonstance. Eurêka appeler celle qui pouvait nous sortir de cette impasse… puisque c’est elle qui connaissait… ma sœur… et le dernier indice offert là dans ce lieu perdu… peu après on est arrivée au Trompe Souris… par une route étroite et pentue digne d’un coin de montagne, là perdu au milieu de nulle part un lieu si on vous dit magnifique ça vous dit quoi ? étonnant atypique extraordinaire fabuleux génial formidable, un ailleurs, une entité, une île, un havre, un de ces lieux où l’on sait que l’on est chez soi à la seconde, un lieu qui respire, un lieu qui raconte, un lieu qui fait du bien… avec trois cerises sur le gâteau : les patrons – faudrait trouver un autre qualificatif mais bon- sont adorables simples et chaleureux… et on mange, on boit divinement bien pour un prix très raisonnable… jamais on n’a été si bien accueillie dans un restaurant-café … Une confiance et une tranquillité d’exception…
Alors, nous y sommes revenue aujourd’hui  pour voir si de jour c’était pareil ! ben c’est pareil vraiment pareil : situé en bordure du Thouaret, on se croirait en montagne ! Une terrasse perchée tout autour, dedans une expo de peinture très joyeuse, un mobilier chaleureux, de la beauté… un coin coussin directement taillé dans la roche, de la presse à disposition, enfin de la presse quoi pas la presse imposée partout… Et puis aussi des rochers énormes dans l’eau qui court en petites cascades, l’eau vive comme un torrent… une roche rose, il paraîtrait qu’on est au bout du massif armoricain… tiens qui l’eût cru La Bretagne sous nos pieds ! sûr qu’on est comme à la maison…  Et là… on s’entend dire ça…  
« Ah c’est vous La Maison du Chat Bleu ? »  
« ben oui c’est moi ! »  
Dernière cerise : ici, ils connaissent La Maison du Chat Bleu ! YEP !

L’édito de La Taupe n°97

De là où on vous écrit tout est vivant une sorte de bout du monde comme on les aime où le vent parle une langue familière, une sorte de promontoire d’où tout semble possible, infini. Dans les nuages on se trouve il fait frais un peu gris un peu nuit un peu automne très parfumée d’odeur de terre mouillée. Une clochette cristalline chante, une vague rumeur et tiens, voilà qu’une grenouille se chante ! serait-ce un prince, une princesse ? il pleut, il pleut ! c’est la fête aux amoureux !

L’édito de La Taupe n°96

Alors voilà deux mois de silence écoulé. Le silence s’écoule plus ou moins vite pas toujours facile de savoir s’il est là ou pas parfois on dirait qu’il dort parfois qu’il assourdit parfois qu’il disparaît. Deux mois de repos pour la maison qui ne semble pas connaître l’ennui. Hm l’ennui… qui connait l’an nuit, la taupe oui, l’humain oui, le chien peut- être… et cette solitude aussi parfois tellement douce parfois tellement insupportable… mais tellement nécessaire… ah l’équilibre le bel équilibre dans le déséquilibre qui ne cherche pas ça ? La taupe non, l’humain parfois et le chien lui ? il dort il dort tellement !

L’édito de La Taupe n°95

LaTaupe1Ben voilà on s’est glissée discrètement dans le cerveau de Anne Danais sans faire de bruit pour capter quelques scoops ou autres pensées de la dite patronne du lieu…
On dirait qu’elle dort mais il semble que non…
« J’suis contente d’être là posée là sur cet endroit… pour moi le sacré c’est ça c’est l’énergie qui circule ces moments de grâce où tout va dans le même sens c’est un bateau une embarcation dessus y’a du monde un petit monde chacun sa rame sa pagaie chacun son rythme même les yeux fermés même absente le fleuve continue de couler je le sais c’est la présence de soi à soi et puis cet état proche de l’épuisement à la lisière du possible ce fil tendu être dessus juste ne pas tomber juste être dessus comme un oiseau sur la branche… faire, créer du rêve, être dans ce courant là le courant du rêve, initier ça et hop ! »
Ah voilà ça a coupé… elle dort on dirait mais il semble que non… BON EH BEN à ce week-end alors… ça va être beau mais pas comme d’habitude une habitude peut-elle être belle ? on vous espère…

L’édito de La Taupe n°94

Alors le sacré c’est quoi pour toi ? il te reste quelques jours pour te pencher sur cette question qui appelle des réponses on ne peut plus personnelles. En fait on n’a pas trouvé encore… C’est pas faute d’avoir posé la question. Non c’est faute d’espace pour rêver faute de vacuité et puis on sait bien que c’est pas la peine d’être prêt trop en avance car trop tôt c’est trop tôt… le mieux c’est d’être là au bon moment ni trop tôt ni trop tard… comment ça se dit d’ailleurs ? y a pas de mot pour dire entre tôt et tard ? entre trop tôt et trop tard… ben voilà… ça manque à notre vocabulaire, et sans doute à notre pensée tiens… c’est pas ça qui est sacré, hein ? d’être là au bon endroit au bon moment ? Mais quand même c’est un peu long comme formule être là au bon endroit au bon moment… ça sonne pas très bien en bouche pourtant c’est ça qui compte… va falloir trouver quelque chose… c’est peut-être même ça qui manque, qui nous manque… bon ben si jamais une idée vous venait, si tu sais comment dire… fais signe… là on trouve pas !

L’édito de La Taupe n°93

LaTaupe1Vous reprendrez bien une petite guerre ? hein ? ah le joli mois de mai, ah le joli printemps… ah les armes à feu les tanks les joyeuses bombes et autres gadgets… ah chères armées de tous les pays vous avez encore de beaux jours devant vous… pas de répit, pas de repos Au boulot toujours et encore Allez vous reprendrez bien une petite guerre une jolie guerre toute neuve ou de derrière les fagots, une guerre intraitable, une guerre sans merci, de guerre à terre, de guerre à mer de guerre amère… ah que la guerre est jolie comme elle semble nous nourrir tous autant que nous sommes… on se demande ce qui se passerait sur une terre en paix… une humanité en paix supporterait-elle le silence, que deviendraient nos médi…ahs et ses serviteurs, que deviendraient notre journal et son patron vendeur de canons et ses journaleux paillassons, que deviendraient le premier président notre premier menteur, son premier ministre redresseur de France… que deviendraient les repas quotidiens si télé joyeuse soudain, si radio paisible si messages de paix, si poésie… quel ennui… de quoi on parlerait sans tueries sans drames… on parlerait de quoi… des choses à dire encore ? ou bien le silence on goûterait… hm ? peut-être !

L’édito de La Taupe n°92

LaTaupe1« Ce qui peut sauver le Monde c’est la vision poétique et ça, il est donné à chacun de l’avoir, chacun peut l’avoir en lui, c’est une affaire, encore une fois de nettoyer les fenêtres de la perception, de se délivrer de tout ce qui nous charge, des lois, des habitudes, de la routine, de tout ce qui entrave notre être intérieur, notre regard pour s’ouvrir à l’immense… c’est une chose possible moi j’y crois tout à fait » sur France Culture entre 20h et 20h30.
Voilà c’est ça qu’on a entendu en allumant la radio le dernier dimanche soir de mars. Vous vous rappelez ? c’était beau d’entendre ça, justement ce dimanche soir-là.. une très belle voix de femme qui disait ça… oui c’était fort d’entendre cette voix-là justement ce soir-là. Ça nous a fait du bien de rester à écouter cette voix parler de poésie et d’espoir.
C’était tellement à propos… hors commentaires des batailles qui venaient d’avoir lieu… enfin batailles simulacrées … hm tristes victoires tristes batailles. Ne parlons pas de ces victoires-là. Ça sert à rien ni d’en parler ni d’écouter.
Ne pleurons pas rien n’est perdu.
Tout est à réinventer.
(Pour info : En 1995 il a remporté 1363 sièges, en 2014 1180. En 1995 plus grande ville était Toulon, 170000h en 2014 Fréjus avec 52000 habitants… qui ça il ? ben devinez ! sur Rue89)

L’édito de La Taupe n°91

Puisque l’été s’installe au milieu de l’hiver et bien avant que le printemps soit vraiment là officiellement, tout semble se mélanger… il faut s’attendre à tout… fini le temps des torchons et des serviettes… tout se mélange… bientôt nous aurons la mer à nos pieds, la rivière aura rejoint le désert, les bateaux vogueront à quai, la lumière brillera la nuit, l’homme pissera par l’oreille, la femme nourrira son enfant avec le lait de ses cheveux, le chemin passera par-dessus le toit, le toit protégera la pluie et ses grêlons, la neige sera bleue turquoise, le ciel rouge immaculé, la peau du serpent poilue, le ventre joufflu de la terre exsangue, le lilas fleurira en décembre et Noël aura définitivement disparu, impossible de savoir le moment pour manger l’oie rôtie qui se prendra pour un lapin… Alors plus que jamais profiter du moment présent. Plus que jamais prendre de la force et du courage, plus que jamais se dire, oser se dire, dire non je ne veux pas ça, ça ne me convient pas, je choisis autre chose, un autre chemin… je choisis ma vie.

L’édito de La Taupe n°90

Bon bon février est lancé eh eh… tant d’eau dans le ciel que la lumière, les lumières rivalisent de beauté. Vous reprendrez bien une petite giboulée sur le coin du museau : giboulée toute l’année, mars est détrôné, doit bouder dans son coin. Il n’a plus la primeur. Pourvu qu’il ne se venge pas du coup avec des grêlons plus gros que des ballons… la susceptibilité se niche partout, c’est bien le drame souvent… vouloir être le meilleur, toujours se comparer, comme c’est fatigant et inutile… ou alors il faudrait se comparer à quelque chose qui n’aurait rien à voir avec soi… les humains pourraient se comparer aux mois (quoique l’idée n’est peut-être pas bonne mais au moins pendant qu’ils feraient ça ils ne penseraient pas à jalouser le voisin…), et puis les mois pourraient se comparer aux compas par exemple, les compas aux sardines, les sardines aux œillets, les œillets aux jardiniers, les jardiniers à la mer, la mer à la vie, la vie au soldat de plomb, le soldat de plomb à la rivière, la rivière à la pierre, la pierre à la girafe… on pourrait essayer ça non ?

L’édito de La Taupe n°89

LaTaupe1Il pleut non ? nous voilà moussue maintenant à force plus de pieds, des palmes, plus de peau des écailles, transformée en sirène… la sirène du marais n’est pas la même que celle de la mer. La sirène du marais est petite elle ressemble à un gardon avec des pattes de canard, elle ne chante pas, son seul pouvoir c’est son regard, tu la regardes et elle t’attrape et tu ne peux rien y faire… et là quand l’eau monte c’est le plus dangereux, plus de repères plus que de l’eau et le ciel. La sirène est là presque insignifiante, elle profite pour nager partout, les pêcheurs ne reviennent plus au bercail ils se font attraper ils disparaissent engloutis. La sirène du marais ne leur fait pas de mal elle les mets dans son nid, elle les y entasse et s’y blottit la nuit, elle fait une collection et quand le temps revient au beau, elle disparaît. Les pêcheurs se réveillent dans le nid entassés, un peu gênés… et puis rentrent chez eux pas très à l’aise quand même… heureux sont ceux qui n’ont pas de foyer… on ne leur demande rien à ceux-là.

L’édito de La Taupe n°88

LaTaupe1Yep les gens bonne année à vous… bon quatorze ça rime avec rien… pourvu que ça ne rime pas à rien… tiens on a écouté les « informations » juste pour voir et c’était sur France Culture… bon ça faisait longtemps qu’on avait fait silence infos… eh ben stop… juste le 1er janvier une fois dans cette journée une fois dans l’année ça suffit… bon on a bien compris que le gouvernement est copain copain avec le Medef… toujours pareil… et de pire en pire… quand est-ce que ça changera ? Patience ? mais… alors ? Alors on voulait être à la page et en fait y’a pas de page, on est où on est et c’est bien parce que là au moins on peut parler en connaissance de cause… tiens alors oui on vous souhaite à toi à chacun de trouver cet endroit-là, celui qui n’est pas à la page, celui qui est en vous, qui fait sourire les yeux, ralentir le rythme, se poser, oser, danser, oser, dessiner, oser être soi… et ben voilà c’est ça qu’on vous souhaite… vraiment rien d’autre.

L’édito de La Taupe n°87

On a un sacré retard tout de même, ce coup-là on est tellement pas à l’heure qu’on doit presque vous annoncer ce qui s’est passé hier et avant-hier et pas du tout ce qui se passera demain. Bon ben belle fin d’année alors !

L’édito de La Taupe n°86

LaTaupe1Tiens v’là l’soleil v’là l’soleil le voilà qui s’réveille le ciel est noir noir noir la page est blanche blanche… qu’est-ce qu’on peut bien vous raconter, comme on écoute pas les nouvelles, ben on n’a pas de nouvelle, on est sans nouvelle du monde et de ses souffrances, juste cru comprendre que quelque chose rampe rampe… se tenir prête mais ne pas alimenter ce flux nauséabond et la peur…
Dire qu’on est là sur ce petit morceau de terre qui va bien, on ramasse les feuilles qui tombent, on coupe du bois pour l’hiver, on mange des petites poires exquises, des petites pommes joufflues, on rêve, on a quelques idées, des envies, envie de voir les ami(e)s, envie de dormir, de lire, envie d’écouter en différé sur les docks à voix nue toute cette belle radio qui fait voyager immobile, envie du feu, de la rencontre, de jouer seule ou avec les autres, de danser la vie, la mort et la nuit, envie de poésie, de douceur, de semer des graines, de tripoter le terreau, de ranger, de trier de jeter, d’alléger tout ça, de fermer les volets le soir quand tout est noir, envie d’hiberner, envie d’être dans cette obscurité du jour qui s’en va, d’être dans ce silence de lumière envie de l’air du souffle de la douceur.

L’édito de La Taupe n°85

LaTaupe1L’entêtement borné de quelques puissants a transformé en réalités concrètes, en « nations », ce qui n’était au départ que concepts abstraits, Allemagne, France ou Italie. Le processus est plus absurde encore pour les nations africaines issues de la décolonisation et dont les limites résultent de traits tirés plus ou moins au hasard sur une carte par quelques fonctionnaires de Paris ou de Londres. La pauvreté même des objets ou des rites qui les symbolisent montre à l’évidence combien ces concepts sont creux. Quelques couleurs élémentaires brutalement associées, quelques accords assez simples pour être joués par des musiques militaires, quelques paroles assez dépourvues de sens pour pouvoir être répétées sans jamais concerner l’intelligence, voilà de quoi fabriquer drapeaux et hymnes patriotiques qui justifieront, par leur seule évocation, tous les abandons de la raison.
Petit Abécédaire de culture générale, Albert Jacquard, éd. Points, 2010

C’était fort de se trouver en présence de ce monsieur-là… on était au premier rang à attendre que ça commence. Il est arrivé, tout petit, il semblait et tout vieux, fragile. Il se déplaçait avec lenteur. Il s’est assis il a attendu simplement on aurait dit qu’il était mort ou presque. Et puis ça a commencé, il a pris la parole et il s’est mis à pétiller, ses yeux se sont allumés d’une espèce de malice, ces mains se sont mises à bouger aussi… mais rien d’autre. Il était beau ! Avec une clarté et une simplicité extraordinaire il nous a parlé de la situation catastrophique du monde nous renvoyant à notre responsabilité d’être. Et puis de solutions… si simples. On n’aurait voulu que ça dure encore et encore. On est restée un bon moment collée dans le fauteuil, à la fin, comme scotchée, émue, profitant de la vibration de ses paroles juste émises… autour de nous les gens avaient repris le cours de leur conversation avec une rapidité stupéfiante… On ne sait pas si on a partagé le même voyage…
Et voilà il est parti, il nous manque… beaucoup.

L’édito de La Taupe n°84

Eh bé… l’été s’est posé sur un tourbillon… on s’est accrochée à une branche et on a tourné avec lui… et hop le voilà déjà sur le départ, on entend parler de rentrée par ci par là… y a des signes qui trompent pas même si on veut pas le savoir on sait… un autre tourbillon qui se lance… on le sait bien même si on a plutôt envie de rien, de dormir, de se promener, de rêver… de vacance… on est à contretemps… ben oui c’est qu’on fait partie de la ronde aussi… oh on l’aime bien cette ronde quand même… tout ce qui tourne on aime… les manèges les airs valsés les toupies la Terre tout ce qui tourne… tout ce qui tourne rond… on aime… là à cette seconde précise on retrouve ce silence immense celui d’ici un infini silence, lui aussi il tourne sans un bruit… il est tellement beau celui-là qu’on en pleure… vrai… les autres n’ont qu’à courir s’ils le veulent… on va prendre le temps avant de repartir… et aller lentement.

L’édito de La Taupe n°83

LaTaupe1De la part de La Taupe, extraits d’une lettre ouverte de Fabien Granier, cousin de Clément Méric tué ce mois-ci à Paris… il avait 19 ans.

« Aujourd’hui, tout paraît inutile. Le pire c’est que je n’arrive même pas à haïr les fafs qui ont démoli mon cousin. Des pauvres types… Des pauvres pauvres pauvres types… Des idiots comme il y en a des tonnes dans les rues de France. Pas éduqués… laissés tout seuls. Et attisés par la libération – pardon: la décomplexation – des discours de droite. A eux, je leur en veux…!!!
Eux je les déteste : les Guéant, Hortefeux, Sarkozy, Le Pen, Frigide mes Couilles, Copé. Les « doux ». Ceux qui s’offusquent, main sur le cœur. […] En dressant les gens les uns contre les autres, vous avez fait du pays où je suis né, un grand puzzle usé, dont les pièces ne correspondent plus vraiment. Vous avez transformé les rues en lieux de suspicion : contre les juifs, les Arabes, les gays, les Rroms, les libertaires, les artistes, les chômeurs… Les dernières manifs, vous les avez vues…!? […] vous les avez compté les flics, les CRS ?… C’est normal cette ambiance …??!! […] Vous cherchez des coupables ?
Je vous les donne : allez sonner aux portes des beaux quartiers et cherchez les élus, candidats, journalistes et responsables politiques qui – depuis 2001 – ont choisi de mettre l’insécurité au cœur du débat politique. Jetez vos télés ! Sortez ! »

L’édito de La Taupe n°82

Yep yep yep yep YEP wouah… WAOU la porte de la maison est ouverte depuis ce matin… miracle il fait doux… c’est bon ce rayon de soleil timide… doux doux doux… au moins la leçon à tirer c’est de ne pas repousser à plus tard la sieste au soleil, la randonnée, la lecture, le jardinage, la posture lézard… ouvrir fenêtres, portes, oreilles, nez, yeux, tout, tout, tout en même temps, orifices de tout poils. Yep, yep, yep, danser pieds nus, tomber pull polaire, poncho, se mettre à nu, portes et pores ouverts… pfff c’est la fête… 

L’édito de La Taupe n°81

LaTaupe1Yeh yeh yeh mois de mai mois de mais… mais où sommes nous donc ? le soleil dort… c’est pourtant fin de matinée il fait nuit ma parole… on y voit goutte ! yeh yeh yeh les gens on se réveillera quand ? hein ? on se réveille ? ah ben chouette alors… y a des réveils dans tout le monde ? ouais on entend on entend… ça sonne partout partout… des gens s’inventent un autre monde, prennent le temps de vivre, créent de nouvelles monnaies, se rassemblent, disent non à la dette, forment des chaînes humaines, cultivent des jardins dans les villes, sèment, s’aiment… vivent quoi bon sang de bon sang !

L’édito de La Taupe n°80

LaTaupe1Pfff c’est dimanche soir et c’est comme un devoir à faire tout d’un coup que ce journal… pas envie… envie de prendre le temps de rien… et puis c’est déjà mai… presque finie la saison… oh ben déjà ? et penser à la saison prochaine et zut… ça va trop vite trop vite… break coupée de tout… pas de nouvelles… le monde est-il encore debout ? pfff le yoyo été hiver été hiver nous rend exsangue, épuisée comme une petite chose de rien du tout qui rêve à peine, toute petite dans ce vent glacé… décidément avril rime avec file… on regarde le tilleul se couvrir de feuilles à peine quelques jours et voilà c’est fait… retenir le souffle le vent l’air retenir le temps… ça passe ça pousse… poussez pas trop quand même…

Des pensées pour ceux de PSA (quatorze semaines de grève) et tous les autres qui sont sur un siège éjectable…
Attention manif le 5 mai à Paris et le 11 une chaîne humaine autour de Notre-Dame-des-Landes… et puis une vidéo… des Mutins de Pangée… www.lesmutins.org/Vinci-AG-des-actionnaires-video.html : ça bouge faut pas croire !

L’édito de La Taupe n°79

LaTaupe1Alors… c’est pas mal cette histoire de ministre du Budget qui annonce « bon les gens va falloir renoncer sérieusement à tous ces acquis sociaux… dépassés… tout ça… à la trappe » enfin avec le langage terrible d’aujourd’hui… langue de bois et cie… alors on pourrait ouvrir les paris… que va-t-il se passer ? va-t-il continuer à toucher sa « paye » de ministre et de député ? sera-t-il jugé ?… et le président d’avant… et ses casseroles ?… et tous ceux qui les cachent leurs marmites… quand même on rêve, on rêve que ce mur-là finisse par tomber… on continue de creuser sous les fondations… ça finira bien par céder…

L’édito de La Taupe n°78

LaTaupe1Alors ça cache quoi cette obsession pour le mariage… c’est quoi cet arbre qui cache la forêt ? de quoi ça parle ? de sexe ? de religion ? d’argent ? de différence ? d’homophobie ? d’héritage ? de normalité ? de peur ? de haine de l’autre ? Qu’est-ce que ça veut dire tout ce remue-ménage ? et cette « indignation » devant l’usage de lacrymo… tout d’un coup… alors que régulièrement des manifestants sont réprimés, arrosés par des lances, et gazés… demandez aux Goodyears, aux Contis, aux Arcelormitals, aux PSAs, aux Zadistes de Notre-Dame-des-Landes… complétez vous-même la liste… Pendant ce temps-là le Medef et le gouvernement détricotent le code du travail. Partout des gens sont jetés à la rue, licenciés, méprisés et… des petites réjouissances continuent de se préparer dans l’ombre… en voilà une… de taille… de réjouissance. Énorme… y aura-t-il un million de manifestants pour dire non ? à… La loi du 8 décembre 2011 relative au « Certificat d’Obtention Végétale » (COV), proposée par un sénateur UMP, soutenue par le gouvernement de Nicolas Sarkozy et votée par la majorité UMP, a gravé dans le marbre l’interdiction de semer le grain récolté et l’obligation, dans cette hypothèse, de payer des royalties aux semenciers-sélectionneurs dès l’usage en deuxième génération des semences vendues sur le marché. Bien que François Hollande, alors candidat à la présidentielle, se soit engagé à retirer ce texte, ses décrets d’application sont en cours de préparation. Lire la suite : kokopelli-semences.fr/juridique/loi_scelerate
De quoi ça parle hein ? l’indignation sélective…

L’édito de La Taupe n°77

LaTaupe1On est agacée. On veut vous parler de cet agacement… Celui de vous entendre asséner, répéter comme des perroquets ce « qu’ils disent » à la télé, sur les ondes et dans les journaux qui aujourd’hui appartiennent tous ou presque à des grands groupes financiers. Ils gardent les enveloppes, les titres, la typo, mais si on regarde bien ils sont tous pareils les journaux, le ton est le même partout à la radio et à la télé aussi… aussi… il suffit de vous écouter annoncer la mort de Hugo Chavez en lançant bon débarras c’était un dictateur… Bon on ne sait pas vraiment mais un président qui nationalise le pétrole, qui lance une campagne d’alphabétisation, qui met en place un programme concret pour lutter contre la pauvreté, etc., ben ça ressemble pas à un dictateur… Un président plébiscité par son peuple dans la rue au risque de se faire tuer lors d’un coup d’État en 2002, ça ne fait pas penser à un dictateur. Quand il y a dictature les gens ne descendent pas dans la rue, c’est aussi simple que ça… alors on est allée fouiner un peu sur le net et voilà deux films que vous pouvez prendre le temps de regarder… et qui donne une autre vision des choses. Ça vaut le coup de s’y attarder.

L’édito de La Taupe n°76

LaTaupe1Eh eh eh… on se croyait tirée d’affaire, on entendait déjà les mésanges se faire la cour… pof les orteils se détendaient… on ressemblait un peu à un poisson à cause de toute cette eau déversée depuis des mois… on pataugeait plus ou moins gaiement… et voilà qu’un souffle polaire a déboulé… ouah on a sorti la cagoule et les mitaines qu’étaient encore dans la commode car l’hiver semblait paresser et ne pas vouloir prendre place ! et voilà branle-bas de combat… quand même… quel plaisantin celui qui fait le temps, quelle plaisantine si c’est une fille… peut-être sont-ils deux… hm… ça doit les faire rire de nous vous voir nous rétracter comme ça, nous dilater pareil… qu’est-ce qu’ils doivent rigoler de nous voir traverser la cour emmitouflée, couverte comme un oignon… Hmm… pfff… c’est tellement beau, tellement bon d’être vivante ce soir… un petit verre de vin, une petite soupe, un petit feu, un petit instant de grand silence, cette chaleur… pfffff… ça n’a pas de prix… c’est simple, doux… c’est… beau et bon… hm ! Comme ils doivent être malheureux ceux qui veulent toujours plus toujours plus…

L’édito de La Taupe n°75

LaTaupe1Quoi de neuf sur la Terre ? Euh euh euh bon bin euh c’est que c’est pas facile de répondre là comme ça toute de suite là, sans réfléchir un peu enfin, pfff, c’est qu’en plus on sait pas trop en fait si y a des choses neuves, pff c’est pas facile facile comme question un peu compliqué quand même de commencer une interview comme ça direct… bon ici là où on est ben si y a bien des choses qui se passent mais ici c’est la paix alors y’a pas grand-chose à dire, personne n’est mort non plus, si c’était la guerre ça serait pas pareil, mais là non… euh ben les voisins ça va, les voisins vont bien, y a bien un p’tit problème avec la boue, avec la pluie, avec les flaques, les voitures qu’on peut plus garer à cause de ça, ça glisse partout, y a de l’eau et puis on patauge, on glisse hein… mais sinon non ça va… La Terre ? elle elle attend que l’humain disparaisse elle est bien obligée d’attendre elle a le temps la Terre elle s’en fiche elle est tellement vieille qu’elle peut bien attendre encore et encore, l’humain ça la fait rigoler la Terre elle a bien compris qu’il est tellement imbu tellement incorrigible qu’il va finir par se faire disparaître lui-même, pff et qu’au bout du compte si on n’y regarde d’un peu près bon ça sera pas une grosse perte que l’humain disparaisse… finalement pour La Terre ça sera plus facile après…

L’édito de La Taupe n°74

Vive la guerre ! Voilà ! La guerre la guerre ! Les va-t-en-guerre ne sont jamais bien loin, ont toujours des bonnes raisons de la faire. Et toujours il y en a pour défendre ces raisons qui sont rarement sincères… Voilà ! la guerre n’a jamais amené la paix nulle part pourtant… jamais ! et si y avait plus la guerre sans doute les hommes s’ennuieraient, ils n’auraient plus rien à dire… si y avait pas la guerre… ils n’auraient plus rien à faire. La paix serait-elle si ennuyeuse ? Non on vous jure que non !
Parole !

L’édito de La Taupe n°73

On est pas peu fière de constater qu’on est encore là debout, bien vivante ce 2 janvier 2013. De ça on devrait se satisfaire après tout. Être là année après année… encore là et encore et encore. Y en a pour qui la vie se résume à un jour, une minute pas plus et même moins… On vous souhaite d’être là à chaque instant, de ne pas vous faire de souci, de môvais sang, d’être sur votre chemin et pas celui du voisin, de vous faire confiance, d’aller doucement si vous en avez besoin au milieu de ceux qui vont vite, de vous taire si vous n’avez rien à dire, de ne pas vous sentir obligé(e) de faire ci ou faire ça, de savoir dire non, non je ne veux pas ça pour moi, de désobéir, de choisir… pour cette nouvelle année qui rime avec chaise… hein ? ou avec foutaise baise aise apaise braise charentaise punaise fadaise falaise fraise javanaise pèze punaise braise trapèze… et tous les mots en èse …

L’édito de La Taupe n°72

Tiens il paraîtrait qu’il y a beaucoup de pauvres en France… environ 10 millions ! ça commence à en  faire du monde… tiens ! on dirait que ce phénomène vient de paraître comme l’enfant qui paraît… par enchantement… alors s’il s’agit d’un fait magique… on devrait pouvoir faire disparaître ces pauvres de la même façon… hop un petit tour et disparaissez… tiens ou alors une idée… si on baisse le seuil de pauvreté (c’est joli comme expression) hop il en passera à la trappe un bon nombre de pauvres, il franchiront le seuil de richesse sans rien faire. Ah faut pas dire pauvre ? ah oui c’est vrai…faut pas dire pauvre… ah oui…

L’édito de La Taupe n°71

LaTaupe1Eh bé… bon là on sait pas pour vous… mais nous on veut juste dire que franchement on n’en peut plus c’est trop trop trop de stupidités d’incohérences partout… envie de dire stop ça suffit stop ça suffit là stop stop stop… on veut plus faire partie de cette histoire c’est trop bête, trop consternant, trop moche… on n’espérait pas grand chose des derniers scrutins mais quand même… là on est fâchée… on pourrait bien être dans un pays de rêve on a tout pour ça… on pourrait bien changer de cap… il suffit de le décider… on pourrait vraiment tous vivre tranquilles… sur la terre… la seule chose qui semble se développer partout en ce moment c’est l’attirail des gendarmes et autres forces de l’ordre… qui sèment un désordre effroyable, impitoyable. Toute cette intelligence pour créer des machines à réprimer… quel dommage ! Ils ont des panoplies de plus en plus sophistiquées… combien ça coûte une panoplie comme ça ? on aimerait bien savoir… Ça fait pas plaisir de voir ça vraiment ça fait pas plaisir de voir ça chez les autres déjà partout mais chez nous… là ça dépasse les bornes. Pourquoi on n’écoute pas les gens de bon sens… Il n’y a pas assez de routes, d’autoroutes, d’aéroports, de lignes à tgv, de zones commerciales…? Pourquoi toujours plus ? pourquoi on continue de défoncer la terre, ce qu’il en reste dans notre pays, pourquoi on n’écoute pas cette belle jeunesse qui invente un autre monde qui s’organise qui plante qui sème qui découvre qui cultive qui dit stop on ne veut pas de tout ça on veut être autonomes, tranquilles, goûter au plaisir de vivre, prendre le temps… On pourrait au moins les respecter on pourrait au moins les écouter. On leur envoie la violence, ils sont pacifistes on les traite de terroristes… Allez de tout cœur avec eux… de tout cœur. Quarante mille personnes il y avait là-bas à Notre-Dames-des-Landes l’autre jour.
Et s’ils gagnent cette lutte nous serons tous gagnants.

L’édito de La Taupe n°70

Alors voilà, c’est le 1er novembre pile poil… pile poêle ? ça sonne bien… c’est parfait quand c’est pile poil… à un poil près … parfait quoi ! comme la vie, tiens c’est pile poil en fait, être vivant c’est pile poil, parfait… après c’est savoir ce qu’on fait de ça être vivant… parfois on ne sait pas quoi faire de ça, on est embarrassé d’être vivant, enfin c’est ce qu’on ressent… mais c’est plus trop souvent maintenant… pas en ce moment ! pas à  l’instant ! à l’instant.. la vie est  bien là bien vivante en nous… on se dit que y a plein de petits plaisirs à saisir tiens… ce matin on pense à ça… les plaisirs…
ôter l’ étiquette d’un bocal sans la déchirer
se réveiller reposée
se désaltérer
retrouver un billet oublié dans une poche
être surpris par un soleil couchant
percevoir la chaleur du feu
se couper les ongles tout courts et se regarder les mains après
écouter le silence
toucher un tissu de qualité
marcher nus pieds
ôter la crème du lait des vaches de Daniel
écouter Daniel parler et tout d’un coup se confier
penser à un ami à une amie
trouver le champignon le cueillir
retrouver quelque chose qu’on a perdue depuis quelques jours retrouver un mot oublié
caresser les oreilles du chien
sentir le rayon du soleil poindre et se poser sur le dos
et puis voir les gens arriver ici quand il y a un spectacle… quelque chose à voir à écouter
et après le silence encore ce silence qui vibre quand tout le monde est parti… hm !

L’édito de La Taupe n°69

LaTaupe1Eh ben oui forcément ça revient vite ! ben oui puisqu’on écrit en dehors des clous… pffff… commencer un 30 septembre faut pas être malin ! qu’est-ce qui leur a pris ? du coup ça décale tout… faudrait vous informer avant pendant après … et pis quoi encore ! pour un peu on s’installerait chez vous pour vous rappeler ce qui se passe ici… 24 heures sur 24 le nouveau service gratuit… et alors la vie deviendrait invivable… d’abord qui choisir ? qui ? et comment ? on pourrait faire un roulement… bien forcée ! pas possible d’être partout à la fois… on a bien essayé mais on n’y arrive pas… ça marche pas…  alors on viendrait vous voir chacun son tour ce serait… vrai ça ferait un peu comme un tour de France parce que on a des adresses un peu partout sans doute… y en a qu’on ne connaît même pas de visu qui ne sont jamais venus – tiens ça pourrait faire un début de chanson ça – c’est ça… en fait on pourrait vous rencontrer en vrai… y en a avec qui c’est arrivé ! Ariane, on l’a rencontrée… elle vit en Bretagne et à Paris… elle nous a entendue à la radio …
Elle a écrit un petit mot… et  on est restées en contact et on s’est vues… à Paris… c’était étonnant de boire un verre ensemble… des fois elle écrit… elle a même participé au concours cette année !
Ça c’est joli ces liens tout fins… ces fils qui se tissent ! ces fils d’Ariane… eh !  vous rencontrer tiens !  finalement ça nous plairait bien !

L’édito de La Taupe n°68

Confidence confidence, on rentre d’un petit tour… on a pris de la vacance… c’était chouette ça donne envie à la fois de continuer… mais bien envie de revenir aussi… une petite vacance bien tranquille à visiter des ami(e)s, à marcher, à flâner, à laisser venir, à goûter l’extraordinaire plaisir d’être là au bon endroit… c’était chouette chouette ! Et la pluie est là bien bonne qui nous accueille, et comme personne n’est parfait… et que la saison commence dimanche… une fois n’est pas coutume on a jeté un œil sur la prévision oraculaire de la météo… on a vu grand soleil… c’est bien… bien envie d’y croire à cet oracle-là. On vous attend dimanche 30 à 17h dans la cour pour voir du théâtre…

L’édito de La Taupe n°67

LaTaupe1Ah ah… vous êtes là ? vous êtes rentré ? vous êtes resté ? Vous n’êtes pas parti ? vous nous attendez ? Vous nous avez oublié ? oui ? non… Hein ? vous allez bien ? votre été à vous c’était doux, mou, fou ? c’était con, c’était bon, c’était long ? c’était du beau, du faux, du chaud ? c’était court, c’était lourd ? hm c’est loin déjà… hier demain, passé passé ! Nous revoilà, être là maintenant, penser à vous tout de suite là maintenant… penser à vous nous fait du bien tiens tout à coup… tout à l’heure on n’avait pas envie de s’y mettre, ramollie ramollo ramolette… pas envie de s’y mettre, de remettre le pied dans la chaussette, de remettre le pied devant l’autre, pas envie là tout de suite… ça bloque !
y a comme un truc qui cloche ! MAIS OUI c’est ça ! c’est trop tôt… c’est pour ça ! pfff ! Ici la porte ne s’ouvre qu’en octobre d’habitude… alors voilà … pas cette fois… voilà pourquoi ça semble tôt, tiens… la porte s’ouvrira le dimanche 30 septembre… heureusement vous êtes là vous serez là ? vous viendrez passer cette fin d’après-midi avec nous ? on boira bien un petit coup ? on se racontera, on s’embrassera… oui penser à vous ça fait du bien… tiens !

L’édito de La Taupe n°66

LaTaupe1Oui, ce fut une fête magnifique, splendide. Une réussite ! Trois jours de grâce ! Tout équilibre ! Bouche bée on était…
Tout s’est passé dans la fluidité, la légèreté, la beauté. Même le ciel était de la partie, la lumière, les nuages et les roses trémières tout juste fleuries. Durant trois jours le village des Garlopeaux s’est retrouvé le centre du monde, magnifié. Dix ans de notre histoire s’étalaient devant nous, résonnaient sous nos yeux, dix ans de vie, tout un trésor. Les invités ont tenu parole, ils sont venus offrir un peu de leur temps. Dix ans en trois jours… Une éternité.
Ça y est tout est démonté, fini, disparu. Restent les vibrations, le bonheur d’avoir été là… d’avoir été présente à cette éphémère. Oui c’est pour ça qu’on fait ça, tout ça. Pour cette joie d’être vivante, d’être folle, pour ces montagnes à gravir, pour le rêve, pour ce moment où l’on voit les gens arriver, répondre à l’appel « Venez nous voir venez voir comme c’est beau ! » Pour les regards posés, les regards qui s’allument. Et puis malgré la fatigue être témoin de la beauté de l’équipe qui grandit avec la confiance, le plaisir d’en être et d’avoir réussi … Quelle belle équipe … et ceux qui sont venus s’y joindre ces jours reviendront sans doute… Qui s’y frotte s’y pique qui s’y frotte s’enrichit, qui s’y frotte grandit.
C’est que d’l’Amour on nous a dit ! Oui c’était que d’l’amour. On continue !

Il y a Pierre Flory qui nous a fait un coucou de loin, Valérie Arnoux qui s’est excusée, Géry Defraine est passé, Véronique Pestel nous a envoyé son amitié, Rémo Gary aussi… Agnès Brion a passé deux soirées ici… et Hélène Martin était avec nous…

L’édito de La Taupe n°63

LaTaupe1Y a une sorte d’apaisement,  comme un relâchement depuis le 7 mai. L’air est devenu plus léger soudain. C’est sensible, c’est sans cible, c’est perfectible. Après tout profitons-z-en ! Respirer ! c’est toujours ça de pris, vu qu’on sait pas comment ça va tourner après. Ici on en profite d’ailleurs, on s’applique à expirer… à contempler ses orteils, à les écarquiller, à lâcher le cerveau, à le laisser flotter. Incroyable comme c’est silencieux tout d’un coup… Y a comme un vide ! eh ? On va pas s’ennuyer quand même ! cette sensation de vide c’est incroyable… ben oui il nous a bien eu, il s’était incrusté en nous… on est toute désemparée tout d’un coup … étrange constat ! bon ben faudrait pas non plus s’endormir… et tirer les leçons de tout ça… Une autre fois ne pas se laisser envahir… en attendant respirer donc ! Évidemment restent bien quelques petits soucis ici ou là, quelques ennuis… les horizons sont plutôt sombres tout partout… mais ya aussi des étincelles… alors espoir espoir… Nous ici on va préparer notre festival d’été qui aura lieu à la fin du mois de juin… alors on va faire une grande fête, on va fêter la vie, les rêves, les amis… ça va être chouette ! et vous vous viendrez ?

L’édito de La Taupe n°65

LaTaupe1On a réussi on s’en est sortie, et les copains, copines plutôt, aussi… On a ramé et puis c’est venu, on a osé s’y mettre arrêter de gamberger et les mains se sont activées. Elles sont chouettes les mains… elles savent des choses que la tête ne peut pas comprendre. Si on leur fait confiance elle y vont, trace coupe taille avec beaucoup d’intelligence enfin beaucoup de simplicité. C’est peut-être ça : l’intelligence c’est la simplicité. Hm oui certainement. Bon il nous reste à installer tout ça dans le hameau, c’est du boulot mais c’est plus facile, y a juste à retrousser ses manches. « Faut vraiment être à la retraite pour faire ça » dit Gilberte la voisine… nous on n’est pas à la retraite… mais ben oui on fait des trucs qui servent à rien. Du spectacle, des expos… des trucs éphémères nous on aime ça ici. Juste des trucs qui laissent des traces dans la tête des gens qui passent, qui viennent. Tout ça c’est pour ça… pour laisser des traces dans les êtres, dans notre tête aussi bien sûr… après ça fait du bien d’être remplie de tous ces trucs inutiles. Quand ça va pas on y pense à cette beauté et ça nous donne du courage pour continuer de vivre.

Dans nos invités, ya jacques Bertin, ya Renata Scant et Pierre Simon Chautemps, ya Mélancolie Motte, ya Nona Gomez et Brigitte Agulhon, ya Thierry Chazelle et Lili Cros, ya Véronique Gain, Ya Violaine Barret, Ya le Duo Morenica, Ya Les Chasseurs de nuages, Ya le Régis mayoux quartet, Ya Les Simple comme, Ya Zik à Brac, Ya Alain Lecarpentier.
Ya Hélène Martin qui sera avec nous avec le cœur, Philippe Forcioli aussi, Véronique, Pestel et Gabriela Barrenechea itou, les Juja Lula passées où … tous sont loin mais avec, nous. Et sans doute on en oublie.

L’édito de La Taupe n°64

C’est pas si facile de parler de ses rêves. C’est pas si simple !
Surtout quand on est plus que un.
Tout seul ça paraît gagné d’avance… mais à partir de deux !  Souvent on a plus de choses à dire sur ce qui ne va pas … Définir ce qu’on voudrait… c’est pas de la tarte. Se faire comprendre c’est compliqué. On est en train de réfléchir ici à tout ça pour le Festival… et ben ça donne mal à la tête, tellement tout est lié, imbriqué. On voudrait un monde de paix, un monde de couleur, un monde de joie, un monde d’équité, un monde de diversité, un monde de liberté, un monde de… Pas facile… Y a-t-il des grands rêves des petits rêves ?
On rêve de vous voir bientôt et de vous faire partager tout ça… d’ailleurs si vous avez des idées c’est pas trop tard pour faire une œuvre, pour retrousser vos manches… pour retrousser votre tête pour en faire naître un ou des rêves.

L’édito de La Taupe n°62

On a du retard à l’allumage… la mèche est mouillée. Et plus un seul pétard… comprenne qui pourra ! Le ciel est gorgé d’eau, la terre se régale. Nous ici on fait grise mine juste parce qu’il pleut… alors que sans eau pas de vie. On est bien étranges nous les gens du monde occidental.
Contrariés d’un rien par de petites choses insignifiantes, impatients et souvent indifférents aux tueries, aux injustices ou autres activités destructrices, polluantes et dévastatrices.
Oui on est bien étranges. Il pleut. Sans doute ce soleil qui nous manque tant dès qu’il disparaît comble-t-il un vide profond. Sans le soleil on se sent moins brillant, moins fort… c’est curieux !
Il pleut et c’est tant mieux. Faire un feu, se retrouver un peu… Mettre au programme des écoles, de toutes les écoles (car il n’est jamais trop tard pour apprendre) : le temps est toujours beau, à chacun de trouver son soleil celui qui brille même les jours de pluie à l’envers des nuages, à l’intérieur de soi. Et remettre la toute puissante météo à sa place…

L’édito de La Taupe n°61

Bain de soleil, bain de bleu, bain de vert, bain de beauté, bain de chants, bain d’oiseaux, bain de lumière, bain de plume, bain doré, bain de boue, bain de vent, bain de mots, ben ben ben… être là pas bouger, savoir l’immobile, connaître le silence, toucher la paix du doigt, caresser le vent, croiser les coccinelles, deviner la vie, poser sa pensée là, sur l’herbe, la regarder danser, la laisser aller, boire par les yeux, bercer sa main avec sa main, ouvrir des portes, n’attendre rien de rien, lâcher le regard, la bouche entre ou verte, béate, se taire, écouter le duvet des bras se dresser, se sentir frissonner, gagner du temps à en perdre, rire à gorge déployée, ne pas mourir encore, connaître d’autres printemps… se surprendre à espérer la pluie.

L’édito de La Taupe n°60

LaTaupe1Hou hou où êtes-vous passé ? Où donc qu’on ne vous voit pas ces temps-ci par ici ? Où êtes-vous donc ? Où ? On vous espère bien… à force de pas vous voir on s’inquiète pour vous, on s’inquiète pour nous, on s’inquiète eh ! on sait bien que vous êtes très occupés tous et toutes… mais quand même… sans vous on meurt… ben oui on meurt… on peut pas tout faire toute seule le spectacle, la spectatrice, la sympathisante, l’adhérente, la programmatrice, la concierge, la secrétaire, la standardiste, la journaliste, la femme de ménage, la mécène et la Taupe en plus… qui doit vous remonter le moral… quand même à force on va être trop fatiguée… là on vous remonterait bien les bretelles tout juste ben oui quand même, on veut bien vous aimer mais si vous disparaissez comme ça sans arrêt et si longtemps… nous on le perd le moral, le syndrome de l’abandon et pouf… on déprime, on se rabougrit, on disparait, on n’existe plus… on se meurt… Allez… revenez avec les hirondelles … revenez…

L’édito de La Taupe n°59

LaTaupe1On aimerait bien être souris, plutôt que taupe tout d’un coup, tiens histoire de voir un peu ce qui se passe, ce qui se trame un peu partout dans les sphères dites hautes… histoire de se glisser et de tendre une oreille ou deux, et de les entendre… et puis non pas une souris… non… un oiseau, un oiseau peut-être… mais lequel et pourquoi ? Oh… On est un peu lassée de creuser des galeries et de ne pas voir le monde s’écrouler aux bons endroits… car il s’écroule bien le monde… il y a des trous partout… mais les puissants ne tombent pas dedans ni leurs armées, ni leur police. Les tyrans poussent comme des champignons, pas de saison, c’est toute l’année et partout… bah tiens… y en a un qu’a été réélu hier… oh zut il paraît que c’est pour douze ans, cet ancien du KGB, un assassin… saluer la belle démocratie, le beau mensonge, le simulacre… et les peuples bernés.
Allez cagoule œillères et coton-tiges dans les oreilles,
rebelote ! pas facile d’être optimiste… prendre des leçons peut-être… les mésanges elles sont joyeuses… être une mésange tiens pourquoi pas, hm c’est simple une mésange.
Un bain de soleil, la rivière, garder les yeux ouverts pour la beauté… pour le reste tenir, les bras ouverts, continuer continuer…

L’édito de La Taupe n°58

LaTaupe1Ouah incroyable on n’en revient pas… formidable l’idée de ce type à col roulé… ouah d’où il sort celui-là… quelle classe il a, quel parlé, quel regard, quel tranquillité, quelle force… ouah voilà le super candidat qu’on attendait depuis si longtemps… ouf quel soulagement de le voir apparaître… on était désespérée, brisée… sans idée, vidée. Du coup tout s’éclaire devient léger léger… joli le slogan, la France forte… ça sonne bien… des quantité de types ont dû plancher, ont dû y passer du temps pour trouver ça : l’idée !  Ça sonne non ? la franceforte lafranceforte la frankfort tiens la frankfort la banqueforte lafrancebotte lafrfr… france frotte LAFRAAANNNNCE aux FFFrançais, dehors… les étrangers… les communistes les jeunes les chômeurs les bons à rien les faibles les moyens les pauvres les minables les vieux les artistes les poètes les chiens les nains les paralytiques les sans devenir les enfants désobéissants…. Ouhouhouh les dents longues acérées… ouh ça va gicler… Bouh bouhouououououououou au secours la vie la joie l’humour la beauté au secours la sagesse au secours l’amour au secours… à l’aide à l’aide………….. où êtes-vous les amis, sortez vos coudes, sortez votre cœur, sortez votre rire, votre imaginaire, votre dignité, votre sourire, votre joie, votre bonté… coucou les amis sortez vos coudes… on vous aime tous… aimons-nous.

L’édito de La Taupe n°57

Vive l’hiver vive le vent vive la neige et vive la cheminée le feu et sa chaleur. Enfin des sensations de saison… rester là ne plus bouger… dormir, lire écrire, rêver, écouter le silence, observer le rouge-gorge, la mésange et le merle… leur parler, leur donner des petites choses à grignoter… sortir laisser sa trace dans la neige, l’écouter chuinter la neige, le chant de la neige sous les pas… suivre les pas du chat, du chevreuil, de l’oiseau… espérer qu’il en tombe encore cette nuit, encore un tapis neuf au réveil… être coupée du monde un temps, un instant oublier les soucis, les obligations, les il faudrait que… s’arrêter de faire !

L’édito de La Taupe n°56

Il y aura des enfants jouant dans les rues
Il y aura les gens respectant ces enfants
Il y aura le silence
Il y aura les saisons…
Il y aura des sourires,
des volets s’ouvrant avec le soleil
avec la lumière
Il y aura un toit pour chacun un lit aussi
Il y aura des frères des sœurs
Il y aura des écoles pour apprendre tout à tout âge
Il y aura un mélange de genre de gens de toutes sortes
Il y aura pour chacun l’essentiel
Il y aura l’abondance généreuse et naturelle
Il y aura le chant la danse et la musique
Il y aura le temps pour se reposer
Il y aura le respect de soi
Il y aura la paix

L’édito de La Taupe n°55

LaTaupe1Allez c’est Noël… Bon on pouvait pas vous quitter comme ça quand même si tôt, si vite… On avait des choses encore à vous dire avant ce passage… et puis des idées pour vous… des idées pour les cadeaux… Allez… c’est Noël ! si on réinventait Noël… déjà faire des cadeaux maison, des cadeaux  uniques, des cadeaux présence, des cadeaux sobriété, on se fait le cadeau de s’aimer soi, on se fait le cadeau de rire, on se fait le cadeau de se reposer, de voir ceux qu’on aime, de ne pas se forcer par habitude, on va prendre l’air, on va prendre le large, on tourne le dos au malheur collectif, on fait la nique à l’austérité proclamée,  on fête notre abondance à nous pas celle de la consommation et de la relance … tiens on jette tout ce vocabulaire débile, on s’offre une poubelle à mots moches, fini ce vocabulaire laid, on se fait serment d’être et de vivre vraiment chaque seconde comme si c’était la dernière… Joyeuse Noëlle tiens !    

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