LaTaupe1Voilà c’est le printemps dans toute sa splendeur. Et dire que c’est beau c’est bien peu. Ici les roses, les hirondelles, les boutons d’or, les fourmis, les mésanges, les verts, le frais, le froid, le chaud, tout se mélange. On a fait le baptême du feu du « jardin » tout à côté, l’air de rien, le premier rendez-vous dans cet endroit, encore mieux comme ça quand ce n’est pas prévu. Le feu a ronronné dans le four de papier et de bois qu’on a fabriqué avec Marie, la céramiste rieuse. Comme un volcan. C’était beau, comme un tipi indien, comme une jupe, le bas du corps d’une femme, beau jusqu’au ciel, beau comme si toute l’humanité se trouvait là avec nous, une archéologie. Nous petites fourmis du monde. L’humanité dans son humaine intelligence, le simple, le feu, la terre, le soleil aussi, comme un banquet offert à tou-tes nos ancêtres et ancêtresses. Et ça redonne du baume, calme un peu la colère devant tant de violence étatique, mensonges, blablablablabla, ce n’est pas joli à voir. Des hommes qui frappent leurs frères, sœurs, mères, grand-mères et grand-pères, qui gazent tout ce qui bougent, insultent, crachent, dépassent toutes les bornes. Celles qu’on croyait dans notre grande naïveté, infranchissables. Depuis quand a-t-on le droit de toucher quelqu’un sans lui demander l’autorisation ? Comment c’est possible de  bousculer, d’insulter, de blesser, mutiler, de porter des coups volontaires et de tuer même, sans être arrêté et jugé. Où sont passées les bornes de l’humanité ? Ils en ont mis plein les rues, des bornes, des bites et des barrières pourtant, plein dans les villes. Et les vraies bornes celles du respect de l’autre, sont piétinées et  violées. Alors que c’est beau ce qui se passe dans la rue, les gens revivent, retrouvent la dignité, la parole, la joie d’exister avec les autres, de partager, d’inventer. On les a vu-es hier dans la manif de Saintes, Les Gilets jaunes comme ils étaient beaux-belles. Vivant-es. on était fière d’eux. On n’oubliera pas, jamais, eux non plus, c’est sûr.