LaTaupe1Quand toutes les femmes seront reines, tous les hommes seront rois et ce sera la paix sur terre. AD

Si tu croises la chevreuil, elle te parle de tendresse. J’en ai vu ces jours plusieurs fois, hier encore, tout près de moi le vent était contraire et j’ai pu la regarder un long moment sans bouger, elle était sur la route tranquille, et puis elle m’a vue, s’est éloignée, j’ai continué mon chemin, et elle était là juste derrière avec un-e comparse. Deux elles étaient. J’aime ça croiser la-e chevreuil, et qu’elle me parle de tendresse. Être dans cette bonté vers moi-même, et vers l’autre. Arrêter de me juger parce que je reste là à rien faire, à ne pas savoir où et quoi et comment, me sentir nulle, inefficace, patate, juste bonne à dormir comme une chienne de porte au soleil par terre, dormir en plein jour, m’abandonner juste là sur la terre. Alors tendresse oui, merci chevreuil et puis… bon… J’avoue ne pas avoir de tendresse pour certaines-gens que je ne nommerai pas. Je n’y arrive pas, je ne sais pas faire. Et le chevreuil est là. Et moi et moi, là, je ne suis pas sûre d’avancer, je doute, je ne sais pas. Je me demande d’où vient cette peur sourde, lointaine, cette sensation d’une peur, archi vieille celle de l’humanité toute entière, une peur étrangère et familière, comme si elle ne m’appartenait pas, tu sens ça ? Je me demande si les hirondelles vont revenir, j’aimerais tant les revoir. Aussi j’ai entendu le coucou deux fois, approcher la hérissonne du jardin d’à côté, et le merle de la cour qui chante chante et chante (pour les oiseaux, on sait si c’est mâle ou femelle alors bon…)